Heurts meurtriers au Pakistan entre la police et les manifestants

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par Mubasher Bukhari et Asim Tanveer LAHORE/MULTAN, Pakistan, 9 août (Reuters) - Des affrontements se sont poursuivis samedi en divers endroits du Pakistan entre la police et les partisans d'un religieux opposé au gouvernement, faisant quatre morts en deux jours. Ces violences, qui ont éclaté vendredi, témoignent d'une exacerbation des tensions avant une grande manifestation organisée par ce religieux, Tahir ul-Qadri, dimanche dans la ville de Lahore, capitale de la province du Pendjab, pour protester contre la mort de certains de ses partisans au mois de juin dans des heurts avec la police. Tahir ul-Qadri accuse le gouvernement de corruption et appelle au renversement du Premier ministre Nawaz Sharif. Une autre manifestation, organisée par le dirigeant de l'opposition Imran Khan, est prévue jeudi prochain dans la capitale Islamabad. L'ancien joueur de cricket appelle lui aussi à la démission du gouvernement. Des mesures de sécurité ont été prises samedi à Lahore, la police organisant des points de contrôle. La capitale du Pendjab est à la fois la ville d'origine de Qadri et du Premier ministre. Environ 500 partisans de Qadri ont été arrêtés, a annoncé la police. Une centaine de policiers ont été blessés. Selon un porte-parole du religieux, une centaine de ses partisans ont été blessés. Il dément qu'ils s'en soient pris à la police. Dans plusieurs parties du Pendjab, la police a essayé d'empêcher les partisans de Qadri de se rendre à Lahore, ce qui a entraîné des violences, rapportent la police et des témoins. Deux hommes et une femme ont été tués dans le district de Gujranwala, à 220 km au sud-est d'Islamabad, a annoncé la police. Un autre homme a été abattu lors de heurts entre les partisans de Qadri et la police à Bhakkar, une ville situé à quelque 300 km au sud-ouest de la capitale pakistanaise, a indiqué un médecin. Un poste de police et des dizaines d'armes ont été saisies à Qaidabad. A Lahore, les partisans de Qadri ont tenté d'enlever les barricades installées par les autorités du domicile du religieux, ce qui a déclenché des affrontements. Les partisans ont apporté une grue pour déplacer les containers qui bloquaient sa résidence. Ils ont jeté des pierres sur les policiers qui tentaient de les arrêter en tirant des gaz lacrymogènes. La police a battu en retraite. Tout autour de la maison de Qadri, des femmes armées de morceaux de bois ont pris position. Les affrontements ont duré toute la journée de vendredi et se sont poursuivis samedi. La semaine dernière, le gouvernement a déployé l'armée autour des bâtiments clés d'Islamabad. Vendredi, il a interdit les rassemblements de plus de cinq personnes. (Avec Mehreen Zahra-Malik à Islamabad; Danielle Rouquié pour le service français)

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