Heurts entre policiers et salafistes en Tunisie, un mort

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AFFRONTEMENTS ENTRE SALAFISTES ET POLICE EN TUNISIE
AFFRONTEMENTS ENTRE SALAFISTES ET POLICE EN TUNISIE

par Tarek Amara

TUNIS (Reuters) - Un manifestant est décédé et plusieurs autres ont été blessées dimanche en Tunisie lors d'affrontements entre les forces de l'ordre et des salafistes protestant contre l'interdiction du rassemblement annuel de leur organisation, Ansar al Charia.

Ansar al Charia est qualifiée de "menace pour la société" par le gouvernement islamiste modéré et soutient ouvertement Al Qaïda. Elle est considérée comme l'organisation islamiste la plus radicale apparue en Tunisie depuis la "révolution du jasmin" qui a renversé début 2011 le régime du président Zine ben Ali.

Les violences ont éclaté à Tunis et à Kairouan, une ville du centre du pays où le rassemblement était initialement programmé ce dimanche.

Un homme âgé de 27 ans participant à une manifestation pro-islamiste est décédé dans la banlieue tunisoise d'Ettadamen à la suite d'affrontements avec les forces de l'ordre, rapporte l'agence de presse officielle Tunis-Afrique-Presse (Tap) sans préciser les circonstances exactes de sa mort.

Un journaliste de Reuters a fait état de son côté de plusieurs blessés lors d'accrochages avec la police lors de la manifestation dans la banlieue d'Ettadamen.

Les violences se poursuivaient dans la soirée de dimanche alors qu'elles avaient diminué d'intensité à Kairouan s'étaient apaisées

A Kairouan, la police a utilisé des gaz lacrymogènes pour repousser des centaines de jeunes manifestants qui leur lançaient des pierres. La plupart des commerçants, anticipant des violences, avaient fermé boutique.

Des incidents similaires se sont produits à Tunis, où la police a lancé des grenades lacrymogènes et tiré en l'air pour disperser quelque 500 salafistes qui chantaient "à bas le tyran" dans le quartier d'Ettadamen.

Des manifestants ont incendié des voitures et remplacé un drapeau tunisien par un drapeau noir d'Al Qaïda. Le métro et les autobus ont cessé de circuler, tandis que des avions militaires survolaient le quartier. Les violences ont gagné au moins deux autres secteurs de la capitale, selon des témoins.

LA FEMEN AMINA ARRÊTÉE

Ansar al Charia a par ailleurs annoncé l'arrestation de son porte-parole, Saïfeddine Raïs, ce que des sources sécuritaires ont confirmé, sans en préciser ni le moment, ni le lieu.

Le ministère de l'Intérieur a interdit vendredi le rassemblement de Kairouan en expliquant dans un communiqué que le mouvement salafiste "fait preuve de mépris envers les institutions de l'Etat, incite à la violence contre elles et représente une menace pour la sécurité publique".

Le Premier ministre, Ali Larayedh, a déclaré le lendemain qu'Ansar al Charia était liée au terrorisme. Le groupe est dirigé par Saïfallah Benahssine, alias Abou Iyadh, un ancien combattant d'Al Qaïda en Afghanistan recherché par la police qui l'accuse d'avoir orchestré une attaque contre l'ambassade américaine à Tunis, qui a fait quatre morts en septembre dernier.

D'après SITE, organisme de surveillance des sites islamistes, Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi, filiale d'Al qaïda en Afrique du Nord et au Sahel) a encouragé les islamistes tunisiens à poursuivre "sur la bonne voie" et à faire attention aux provocations du pouvoir.

Ansar al Charia a fait savoir que l'organisation tiendrait la semaine prochaine son congrès à Kairouan.

Les autorités tunisiennes ont également attribué à un militant salafiste l'assassinat de l'opposant de gauche Chokri Belaïd, qui avait provoqué en février les plus importantes manifestations depuis la "révolution de jasmin" début 2011.

Dimanche, le ministère de l'Intérieur a par ailleurs annoncé l'arrestation d'Amina, la jeune femme inspirée par le mouvement Femen qui a suscité une polémique en s'exposant nue sur sa page Facebook. Elle a été interpellée après avoir accroché une bannière féministe au mur d'une mosquée de Kairouan et tenté de dénuder sa poitrine.

Avec Mohamed Argoubi, Anis Mili et Zoubier Souissi; Hélène Duvigneau, Pascal Liétout, Tangi Salaün et Jean-Loup Fiévet pour le service français

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  • M898407 le dimanche 19 mai 2013 à 21:20

    Un salafiste tué, ce n'est pas un décès c'est un nettoyage salutaire pour le pays.

  • bordo le dimanche 19 mai 2013 à 19:47

    Vive l'islam pacifique et fraternel ! La religion a bon dos. Des extrémistes veulent empêcher d'autres extrémistes de leur prendre le pouvoir.