Heurts dans un camp de migrants en Grèce après des rapatriements

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 (Actualisé avec précisions, réactions) 
    par Karolina Tagaris  et Lefteris Papadimas 
    ATHENES, 26 avril (Reuters) - Des heurts entre migrants et 
policiers se sont produits mardi au centre de rétention de Moria 
sur l'île grecque de Lesbos, quelques heures après le 
rapatriement de réfugiés en Turquie à bord de ferries.  
    Les manifestants ont lancé des pierres lors des heurts avec 
les policiers, tandis que de la fumée s'élevait du centre, où le 
 pape François s'est rendu le 16 avril dernier.   
    La tension qui montait dans le camp depuis plusieurs jours a 
débordé juste après une visite des ministres grec et néerlandais 
de l'Immigration. 
    Selon un porte-parole de la police, le feu a été mis à des 
poubelles, tandis que les migrants "lançaient des pierres et des 
morceaux de métal sur la police". Auparavant, quelque 200 jeunes 
avaient brisé une cloison dans le camp. 
    "Ils régissaient à leur conditions de détention et aux 
retours en Turquie", a déclaré le porte-parole de la police. 
    Selon la police, huit mineurs ont été hospitalisés après 
avoir été légèrement blessés après des bagarres entre 
Pakistanais et Afghans. 
    Depuis le 4 avril, un peu plus de 340 migrants ont été 
renvoyés en Turquie dans le cadre de l'accord conclu par l'Union 
européenne et Ankara le 20 mars dernier. 
    Treize personnes ont été expulsées mardi de l'île grecque de 
Lesbos en direction de la ville turque de Dikili, cinq ont été 
acheminées par ferry de l'île de Chios vers la station balnéaire 
turque de Çeme et 31 de Kos, a déclaré la police. La plupart de 
ces migrants étaient de nationalité afghane. Aucun d'entre eux 
n'avait fait de demande d'asile en Grèce, a précisé un 
responsable gouvernemental à Athènes. 
    L'accord intervenu entre Bruxelles et Ankara prévoit de 
renvoyer en Turquie tous les migrants, y compris syriens, en 
situation irrégulière qui sont arrivés après le 20 mars dans les 
îles grecques, et de procéder, pour chaque Syrien réadmis par la 
Turquie au départ des îles grecques, à la réinstallation d'un 
autre Syrien de Turquie dans un des Etats membres de l'UE. 
     
    300 MIGRANTS EN FRANCE 
    La Commission européenne a dit mardi avoir obtenu la 
garantie formelle des autorités turques qu'elles permettraient 
aux migrants renvoyés de Grèce de bénéficier des procédures 
d'asile turques, un point crucial qui était encore en suspens. 
    La Turquie n'applique la Convention de Genève sur les 
réfugiés qu'aux Européens, accorde une protection limitée aux 
Syriens et ne prévoit aucune garantie légale pour les autres 
nationalités. 
    Bruxelles fait pression sur la Turquie depuis le mois de 
mars pour qu'elle modifie ces dispositions, cela pour permettre 
à l'UE d'augmenter le nombre de migrants qu'elle renvoie, sans 
que cela viole le droit international. 
    Le droit international bannit le refoulement de personnes 
vers un pays où leur vie ou leur sécurité est menacée. 
    Selon les chiffres officiels, 4.313 réfugiés et migrants se 
trouvaient à Lesbos mardi. La grande majorité d'entre eux sont 
hébergés à Moria.  
    Au total, environ 8.000 réfugiés et migrants se trouvent 
actuellement sur les îles grecques. Ils sont arrivés après la 
mise en oeuvre de l'accord UE-Turquie. 
    Dans le cadre de cet accord, l'Office international pour les 
migrations (OIM) a annoncé mardi avoir facilité la 
relocalisation de 350 Syriens en provenance de Turquie dans 
plusieurs pays européens (Allemagne, Autriche et Danemark). Il 
espère en relocaliser 300 de plus cette semaine, pour la plupart 
en France. 
    Les organisations de défense des droits de l'homme ont fait 
part de leurs préoccupation sur les conditions de rétention à 
Moria, qui accueille environ 3.000 personnes. 
    "Les événements à Moria illustrent la frustration là-bas", a 
déclaré le directeur de l'International Rescue Committee (IRC) 
pour la Grèce, Panos Navrozidis. 
    "Beaucoup de ces réfugiés sont détenus à Moria depuis plus 
d'un mois avec des services qui ne leur conviennent pas et très 
peu de réponses. Ils méritent mieux", a-t-il ajouté. 
 
 (Eric Faye et Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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