Heurts dans le sud de la Tunisie avant l'annonce des résultats

le
0

TUNIS, 22 décembre (Reuters) - La police tunisienne a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser des groupes de jeunes qui bloquaient lundi des rues avec des pneus enflammés à Hamma, ville du sud de la Tunisie, en signe de protestation contre la victoire revendiquée par Béji Caïd Essebsi à l'élection présidentielle. Les résultats officiels du scrutin doivent être annoncés à 14h00 GMT. Moncef Marzouki, qui assurait la présidence par intérim depuis fin 2011, a refusé de reconnaître sa défaite et a dit attendre la déclaration des autorités électorales. Une partie de la population tunisienne considère qu'une victoire de Béji Caïd Essebsi, 88 ans, qui fut président de l'assemblée nationale entre 1990 et 1991, marquerait un retour au pouvoir des membres de l'ancien régime de Zine ben Ali chassé par des manifestations de rue il y a près de quatre ans. "Des centaines de jeunes, mécontents de l'annonce faite par Essebsi de sa victoire ont brûlé des pneus dans les rues de la ville et la police a procédé à des tirs de gaz lacrymogène et interpellé plusieurs d'entre eux", a déclaré Ammar Giloufi, un habitant de Hamma. "Tous les magasins sont fermés. Ils (les manifestants) chantent 'non à l'ancien régime'", a-t-il ajouté. Selon un autre habitant, les protestataires ont tenté de s'en prendre à un commissariat de police mais ont été repoussés par des tirs de lacrymogène. Essebsi rejette les critiques le peignant comme le candidat de l'époque Ben Ali et affirme qu'il est le technocrate dont le pays a besoin après trois années de gestion conduite par une coalition dominée par les islamistes. Marzouki, qui s'était réfugié en France sous le régime Ben Ali, estime que l'accession d'Essebsi au poste de chef de l'Etat remettrait en cause la "révolution de jasmin". (Tarek Amara; Pierre Sérisier pour le service français) ;))

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant