Heurts dans l'Est ukrainien à trois jours de la présidentielle

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LE SCRUTIN PRÉSIDENTIEL UKRAINIEN À L'ÉPREUVE DES VIOLENCES
LE SCRUTIN PRÉSIDENTIEL UKRAINIEN À L'ÉPREUVE DES VIOLENCES

par Pavel Polityuk et Natalia Zinets

KIEV (Reuters) - L'Ukraine a annoncé jeudi que ses forces avaient repoussé dans la nuit un assaut de séparatistes pro-russes armés contre un poste de contrôle et a réclamé une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité des Nations unies, alors que l'élection présidentielle est prévue dimanche.

Le bilan des affrontements au sud de Donetsk a été revu à la hausse par les autorités ukrainiennes qui font état de 13 soldats tués et 18 autres blessés. Les combats, selon Kiev, ont éclaté à la suite de coups de feu tirés en direction d'un poste de contrôle militaire près de Volnovakha

Dans la région de Louhansk, les garde-frontières ukrainiens ont annoncé avoir repoussé des dizaines de séparatistes, armés de lance-grenades et de fusils, qui tentaient de franchir la frontière en provenance de Russie. Plusieurs garde-frontières ukrainiens ont été blessés.

Les séparatistes pro-russes, qui ont pris le contrôle de plusieurs villes de l'est du pays, ont menacé de perturber le scrutin de dimanche, censé stabiliser le pays après les manifestations populaires qui ont abouti à la chute du président Viktor Ianoukovitch en février.

A Kiev, le Premier ministre par intérim Arseni Iatseniouk s'est dit prêt à produire des preuves de ce qu'il qualifié de tentative de Moscou pour favoriser "l'escalade du conflit" lors d'une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité de l'Onu, dont la Russie est un membre permanent.

Le gouvernement intérimaire, qui a reconnu que le scrutin pourrait être impossible à organiser dans les régions de Donetsk et Louhansk, a exhorté les Ukrainiens à se rendre aux urnes pour faire échec au président russe Vladimir Poutine et aux séparatistes.

Selon Andriy Parubiy, responsable de la sécurité publique en Ukraine, un regain de violences est à craindre de la part des séparatistes dans les prochain jours. "Leur concept entier vise à perturber l'élection présidentielle", a-t-il dit.

"J'en appelle à tous les citoyens ukrainiens et non seulement ceux qui habitent dans l'Est: dimanche, nous devons tous aller voter. Aller voter et organiser le scrutin signifie faire échec à Poutine", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

DÉBUT DU RETRAIT RUSSE PRÈS DE LA FRONTIÈRE

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a par ailleurs signalé qu'un hélicoptère russe avait pénétré dans son espace aérien mercredi soir.

"La Russie continue à violer ses obligations internationales et les principes des relations internationales, ignorant hypocritement l'accord de Genève et en optant délibérément pour des stratégies qui aggravent la situation en Ukraine", peut-on lire dans un communiqué du ministère.

Parallèlement, le ministère russe de la Défense, cité par Interfax, a annoncé que quinze avions et 20 trains transportant des effectifs militaires russes avaient quitté trois provinces limitrophes de l'Ukraine.

Ces manoeuvres pourraient confirmer le retrait des forces russes déployées à la frontière annoncé lundi par Vladimir Poutine.

Moscou avait auparavant accusé le gouvernement intérimaire ukrainien d'avoir intensifié ses opérations armées dans l'est du pays et de n'avoir pas pris de mesures pour sortir de l'impasse.

Les Etats-Unis et l'Union européenne ont menacé de durcir les sanctions imposées à la Russie, qui a annexé la Crimée en mars, si Moscou tentait de perturber l'élection.

Les sondages annoncent une large victoire du milliardaire Petro Porochenko, un ancien proche de Viktor Ianoukovitch qui s'était rallié aux manifestants. Le magnat de la confiserie pourrait même s'imposer dès le premier tour.

(Mathilde Gardin pour le service français)

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