Heurts à Kinshasa, au moins quatre morts selon le gouvernement

le , mis à jour à 18:10
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 (Actualisé avec Ayrault aux Nations unies § 6-8) 
    KINSHASA, 19 septembre (Reuters) - Quatre personnes au 
moins, dont deux policiers, ont été tuées lundi dans des heurts 
à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo, 
a annoncé le gouvernement. 
    Ces accrochages se sont produits lors d'une manifestation de 
l'opposition contre la volonté prêtée au président Joseph Kabila 
de prolonger son mandat au-delà de la limite prévue par la 
constitution. 
    D'après un journaliste de Reuters, la police a tiré pour 
disperser la foule à Limete, dans la banlieue de Kinshasa. Ce 
journaliste a ensuite vu des manifestants lyncher un policier 
puis incendier son corps. 
    D'autres ont déchiré des photographies du président en 
criant: "C'est fini pour toi" et "Nous ne voulons pas de toi". 
    Des coups de feu ont été signalés par les habitants dans 
plusieurs quartiers. Le journaliste de Reuters a vu plusieurs 
manifestants blessés, sans qu'il puisse dire la provenance de 
leurs blessures. 
    En marge de l'Assemblée générale des Nations unies, à New 
York, le ministre français des Affaires étrangères a jugé la 
situation "extrêmement préoccupante et très dangereuse".  
    "Il faut respecter l'ordre constitutionnel", a dit Jean-Marc 
Ayrault devant la presse. "Ce qui compte, c'est la date des 
élections. Nous sommes attentifs: si les élections sont 
reportées sans cesse, ça veut dire que Kabila veut rester au 
pouvoir. Cette situation n'est pas acceptable." 
    Interrogé sur la possibilité de sanctions européennes, le 
chef de la diplomatie française a répondu: "C'est une question 
que nous allons aborder entre Européens."  
    Joseph Kabila est arrivé au pouvoir en 2001 après 
l'assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila. Il a depuis 
remporté deux élections.  
    Son second mandat expire en décembre et la constitution ne 
lui permet pas de se représenter. Mais l'opposition l'accuse 
d'oeuvrer à son maintien au pouvoir. 
    Ces soupçons ont semblé être confortés samedi quand la 
commission électorale a demandé à la cour constitutionnelle de 
reporter le scrutin présidentiel. 
    Plusieurs dizaines de personnes sont mortes l'an dernier 
dans des manifestations de ce genre contre Joseph Kabila. 
    Le pays n'a jamais connu de transmission pacifique du 
pouvoir depuis l'indépendance de la Belgique en 1960. 
 
 (Kenny Katombe et Amédée Mwarabu, avec John Irish aux Nations 
unies,; Jean-Stéphane Brosse, Danielle Rouquié et Elizabeth 
Pineau pour le service français, édité par Henri-Pierre André) 
 
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