Hervé, SDF à Paris : «On est le reflet de ce que les gens redoutent»

le , mis à jour à 09:20
2
Hervé, SDF à Paris : «On est le reflet de ce que les gens redoutent»
Hervé, SDF à Paris : «On est le reflet de ce que les gens redoutent»

Hervé, 44 ans, fait le tour du propriétaire. « Ici, c'est ma chambre à coucher, en face, c'est ma salle de bains et là, c'est mon vestiaire », décrit-il, en pointant du doigt deux cartons empilés, des sanisettes et son sac à dos. « L'humour, c'est une soupape. En fait, on est comme tout le monde, sauf qu'on n'a pas de toit », lâche cet ancien travailleur social, fan de Bruce Springsteen. Son sens de l'humour, il le partage avec 2 139 abonnés sur son compte Twitter @croisepattes, du nom d'un chien qui s'est invité dans son destin. Avec trois potes, il prend ses quartiers la nuit quai de Jemmapes à Paris (Xe), sous un porche donnant sur un centre d'animation et un immeuble.

« Les locataires sont obligés de passer par chez nous pour rentrer chez eux », sourit-il. Ce virtuose des bons mots vit de « petits boulots » et « un peu de la manche ». « Mais les gens n'ont pas de thunes, sinon ça serait un vrai métier mancheur ! Avant, ils nous disaient : Va bosser ! Maintenant, c'est  : Désolé, je ne peux pas vous dépanner. Ils ne sont pas indifférents, ils ont peur, on est le reflet de ce qu'ils redoutent », observe-t-il depuis « le ras du sol ».

Dans la tête de ses deux « mômes » de 2 et 4 ans, « papa est à Paris, il cherche du travail ». Depuis « vingt-cinq piges », la rue, il en « est sorti ». Puis il y est « retourné », après des « accidents de la vie », notamment un gosier qui fut, un temps, trop en pente. Son camarade de galère, Christian, 44 ans depuis hier, père d'un « gamin » de 13 ans, a, lui, été expulsé de son appartement.

« La rue, ce n'est jamais un choix. On ne sait pas où l'on sera demain », s'inquiète cet ex-maître d'hôtel qui a droit au RSA. Et à « la générosité des Français ». « Sans elle, on crève », remercie-t-il. Jessy, 36 ans, trouve tout de même qu'on le « regarde parfois de haut », en particulier ces passants « en imper Burberry ».

Ce routard a repéré que le ...

Lire la suite de l'article sur Le Parisien.fr


Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M1903733 il y a un mois

    C'est la saison, on nous remet ça comme tous les ans

  • frk987 il y a un mois

    Qu'ils se fassent passer pour des réfugiés, tout leur sera ouvert, c'est ça le socialisme.