Hermès, toujours mieux que ses pairs, brille en Chine

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HERMÈS BRILLE EN CHINE
HERMÈS BRILLE EN CHINE

par Pascale Denis et Astrid Wendlandt

PARIS (Reuters) - Hermès, qui a signé jeudi une des plus belles croissances du luxe, compte aussi parmi les rares à échapper au ralentissement chinois provoqué par les mesures anti-ostentation prises par Pékin.

Alors que nombre de ses concurrents comme Louis Vuitton, propriété de LVMH ou Gucci (Kering) ont vu leur ventes freinées en Chine, le sellier y a vu ses ventes grimper de 19% en 2013 et de 17% sur leur quatrième trimestre.

"Il y a eu une évolution très rapide de la clientèle en Chine vers des produits de haute qualité, plus discrets, et ce mouvement a été plutôt positif pour nous", a déclaré à Reuters le gérant d'Hermès, Axel Dumas.

Il a précisé que les ventes y restaient tirées par la clientèle masculine, les chaussures et la soie en particulier.

Seules les montres, catégorie la plus touchée avec les spiritueux, par le "nouveau cours" de Pékin - et qui ne pèsent que pour 4% du chiffre d'affaires du groupe - ont nettement sous-performé, avec une croissance organique limitée à 1%.

Hermès, réputé pour sa résilience grâce à un positionnement très haut de gamme échappant aux effets de mode, a légèrement ralenti la cadence au quatrième trimestre, avec une croissance organique de 11%, en retrait par rapport aux 12,9% du troisième trimestre, mais sur une base de comparaison particulièrement élevée: les ventes avaient grimpé de 18,5% au dernier trimestre 2012.

Le groupe a bouclé son exercice annuel sur un chiffre d'affaires de 3,75 milliards d'euros (en ligne avec le consensus Thomson Reuters I/B/E/S de 3,78 milliards), signant une hausse limitée à 7,8% par l'impact défavorable de l'appréciation de l'euro face au yen et au dollar, mais de 13% hors variations de change.

"CHIFFRES TRÈS SOLIDES"

Pour contrebalancer les effets de la baisse du yen, Hermès va augmenter ses prix de 10% au Japon - son troisième marché après la France et les Etats-Unis - dans le courant du mois de février, a précisé Axel Dumas, indiquant que les hausses de prix seraient, ailleurs, comprises entre 3% et 5%.

Malgré ce tassement en fin d'année, le fabricant des sacs Birkin et des "carrés" de soie fait mieux que nombre de ses grands concurrents, à commencer par LVMH, qui détient 23% de son capital, et qui a signé une croissance de 8% ou le suisse Richemont, propriétaire de Cartier, a ralenti la cadence à 9%.

La croissance organique a atteint deux chiffres en 2013 dans toutes les régions du monde hormis le Japon (+6,5%).

Fort de ces performances, Hermès a dit anticiper une marge opérationnelle courante 2013 "très légèrement supérieure" au plus haut niveau historique de 32,1% atteint en 2012.

"Hermès publie à nouveau des chiffres très solides, malgré une sous-performance de la maroquinerie", soulignent les analystes d'Aurel BCG dans une note.

La division phare du groupe, qui pèse pour près de 45% de ses ventes, a signé une croissance de 8,8% sur l'année, tandis que les vêtements et accessoires ont grimpé de 18%, la soie de 11,5%, les parfums de 15%.

A la Bourse de Pris, le titre Hermès était stable (+0,1%) vers 15h45 à 240,95 euros, dans un marché en baisse de 0,6%. Sa valorisation reste très supérieure à la moyenne du luxe, avec un multiple de 28,5 fois les résultats attendus pour 2014, contre 15,6 fois pour LVMH ou 17,4 fois pour Richemont.

Sa prime s'est cependant fortement réduite depuis un an, "si bien qu'elle se justifie de plus en plus par les fondamentaux uniques et le profil défensif du groupe", souligne Aurel.

Edité par Jean-Michel Bélot

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