Henri Guaino convoque Zola pour sa défense

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HENRI GUAINO SE RÉFÈRE À ZOLA POUR SA DÉFENSE
HENRI GUAINO SE RÉFÈRE À ZOLA POUR SA DÉFENSE

PARIS (Reuters) - Henri Guaino a invoqué dimanche l'affaire Dreyfus pour défendre son "droit imprescriptible" à critiquer le juge qui a mis en examen Nicolas Sarkozy dans le dossier Bettencourt, et se réserve le droit de ne pas répondre à la convocation de la police dans l'enquête pour "outrage à magistrat" le visant.

Fait sans précédent, le député UMP des Yvelines, ex-conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, a reçu le soutien de 105 députés de son parti qui, dans une lettre ouverte au procureur de Paris, s'étonnent de l'ouverture d'une enquête préliminaire contre leur collègue le 11 avril.

"Nous considérons que lorsqu'un parlementaire a le sentiment qu'un abus a été commis dans le fonctionnement des institutions de la République, il est de son droit et de son devoir de le dénoncer", écrivent les élus.

Après la mise en examen le 21 mars de Nicolas Sarkozy pour "abus de faiblesse" dans l'affaire Bettencourt par le juge d'instruction bordelais Jean-Michel Gentil, Henri Guaino avait accusé le magistrat de "déshonorer la justice" et de "salir la France". Les 105 députés reprennent à leur compte l'accusation de déshonneur.

Le président socialiste de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, s'est dit en désaccord avec l'initiative des députés.

"Lorsqu'on installe cette tension, cette opposition entre le deuxième et le troisième pouvoirs, ce n'est pas une bonne chose", a-t-il commenté sur France Inter. "Je reconnais à M. Guaino le droit de se défendre (...) mais sous cette forme pétitionnaire (...), je pense que c'est une faute", a-t-il dit.

"JE NE SUIS PAS ZOLA"

La Brigade de répression de la délinquance sur la personne est chargée de l'enquête pour "outrage à magistrat".

"A priori, je n'ai pas l'intention de répondre aux questions de cette brigade de répression de la délinquance à moins qu'on y aille à cent députés", a déclaré Henri Guaino au Journal du Dimanche. "C'est la souveraineté du peuple qui est en cause dans cette affaire. La justice a autre chose à faire, et la police encore plus."

"Je n'ai pas dérapé du tout. J'ai choisi les mots que j'avais choisi d'employer", a plaidé l'élu sur France 5.

"J'ai le droit, imprescriptible à mes yeux, d'avoir un jugement moral sur n'importe qui et surtout sur n'importe quel agent public", a-t-il souligné. "Il n'y a pas besoin d'enquête, mes propos sont publics".

"Les juges utilisent leur statut de juge, j'utiliserai mon statut de député", a justifié Henri Guaino.

"Si on suivait les syndicats de magistrats, alors il faudrait immédiatement retirer de tous les manuels scolaires le 'J'accuse de Zola' qu'on fait apprendre à nos enfants pour essayer de leur donner une élévation morale, pour leur apprendre que la justice doit triompher de tout", a-t-il poursuivi.

"À qui donne-t-on raison dans les manuels scolaires aujourd'hui, dans les manuels de morale? À Zola", a-t-il dit.

"Evidemment, ce n'est pas l'affaire Dreyfus, je ne suis pas Zola, mais est-ce que ces grandes leçons ne doivent jamais servir? Est-ce qu'il n'est pas temps de se poser la question de la responsabilité des magistrats?"

Sophie Louet

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  • M1617344 le dimanche 12 mai 2013 à 23:28

    Très bien Monsieur Guaino , nous sommes beaucoup derrière vous , défendez votre position tout à fait légitime on en a assez de la dictature des rouges