Hein Verbruggen sort de son silence et réagit aux accusations de Lance Armstrong

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Hein Verbruggen sort de son silence et réagit aux accusations de Lance Armstrong
Hein Verbruggen sort de son silence et réagit aux accusations de Lance Armstrong

« Je ne sais plus si c'était un contrôle positif mais en tout cas, des traces avaient été trouvées. Je ne me rappelle plus exactement qui était présent à ce moment-là mais Hein a simplement dit : '' C'est un gros problème pour moi, un coup de poing pour notre sport, un an après l'affaire Festina, alors il faut que l'on trouve quelque chose ''. Alors, on a antidaté l'ordonnance. » Dans un entretien accordé au Daily Mail en novembre dernier, Lance Armstrong a clairement chargé l'ancien président de l'Union Cycliste Internationale, Hein Verbruggen, l'accusant d'avoir couvert un contrôle positif du Texan en 1999.

Si le Néerlandais n'avait pas encore répondu à son accusateur, c'est désormais chose faite. Dans les colonnes du journal belge La Dernière Heure, le dirigeant de 72 ans affirme que Lance Armstrong multiplie les calomnies : « Ce qu'Armstrong a dit il y a quelques temps est un non-sens. Il ment, j'en ai les preuves, explique Hein Verbruggen. Je veux montrer qu'on s'est battu contre le dopage dès les années nonante (ndlr : les années 90) et qu'Armstrong n'a jamais été positif, donc que nous, l'UCI et moi, ne l'avons absolument pas protégé, contrairement à ce qu'il affirme après l'avoir pourtant répété, notamment lors de ses aveux chez Oprah Winfrey en janvier. » Des propos en totale contradiction avec ceux de Lance Armstrong mais également de Floyd Landis et Tyler Hamilton qui, lors de leurs confessions, avaient affirmé que leur leader avait été couvert par l'instance basée à Aigle.

« Armstrong veut gagner de l'argent »

Dès lors, Hein Verbruggen tente d'expliquer les raisons du mensonge d'Armstrong. Si ce ne sont que des hypothèses, il estime que le Texan veut se venger de l'UCI mais, surtout, empocher de l'argent après avoir perdu l'ensemble de ses gains accumulés durant sa carrière : « Ce qui le motive ? La vengeance, car il devient méchant. Le désir de refaire de la compétition, le besoin de retrouver du crédit, de gagner de l'argent? Il monnaie ses interviews, il faut donc qu'il offre quelque chose, même si ce n'est pas vrai, assure le président de l'UCI de 1991 à 2005. C'est un menteur. C'est pathétique. On a l'habitude. N'avait-il pas déclaré sous serment qu'il ne s'était jamais dopé ? », s'interroge, faussement naïf, le membre du CIO. Afin de corroborer ses propos, ce dernier s'est muni d'un ensemble de courriers, messages et mails envoyés par le cycliste américain mais également des discussions qu'auraient eues son dirigeant, Johann Bruyneel, affirmant qu'il n'y avait eu aucun contrôle positif de son leader.

« 80% des coureurs prenaient de l'EPO »

Malgré tout, le prédécesseur de Pat McQuaid n'accable pas Lance Armstrong. Selon lui, l'ex-coureur de l'US Postal était un membre du peloton parmi tant d'autres qui a cédé à des sirènes auxquelles d'autres ont cédé avant lui et qui représentaient une majorité écrasante des cyclistes au tournant des années 1990-2000 : « C'était un athlète à une époque donnée, qui a pris ce que l'on prenait à cette époque. Il n'était certainement pas le seul à se doper, estime-t-il. Il y a un rapport aux Pays-Bas qui montre que plus de 80 % des coureurs d'alors prenaient de l'EPO. Mais on ne sait pas qui ! Une chose me frappe : on a enlevé ses victoires à Armstrong, mais aucun coureur ne les revendique. Au contraire, certains le défendent même. Ça veut dire beaucoup, je trouve. » Une posture surprenante pour un dirigeant qui affirme s'être battu durant toute sa carrière contre le dopage mais qui reconnaît qu'il n'a pas réussi dans sa mission. Entre la peste Armstrong et le choléra du dopage généralisé, Hein Verbruggen a donc fait son choix.

Franck Lalanne

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