Haute couture: le retour de Vionnet avec Hussein Chalayan

le
0
Hussein Chalayan a exclusivement présenté des robes du soir très longues, près du corps pour beaucoup AFP PHOTO / PATRICK KOVARIK
Hussein Chalayan a exclusivement présenté des robes du soir très longues, près du corps pour beaucoup AFP PHOTO / PATRICK KOVARIK

(AFP) - La maison centenaire Vionnet a fait son retour en couture mardi, avec une collection créée par le Britannique Hussein Chalayan, qui a défilé entre la Française Bouchra Jarrar et Giorgio Armani.

- Vionnet, tout en suggestion

Schiaparelli n'est pas la seule maison à avoir fait son grand retour, pendant les défilés couture. Vionnet, qui défile déjà dans le prêt-à-porter, revient également. Madeleine Vionnet, qui créa sa maison en 1912, est considérée comme l'une des plus grandes couturières françaises. En 2012, une femme d'affaires kazakh, Goga Ashkenazi, avait repris cette maison.

Elle a fait appel récemment au créateur britannique Hussein Chalayan, pour la ligne "demi couture". Il s'agit, selon la maison, de "mixer l'artisanat de la haute couture traditionnelle avec l'accessibilité du prêt-à-porter". Il devrait ainsi y avoir moins de prises de mesure qu'en haute couture, explique-t-on.

Hussein Chalayan a exclusivement présenté des robes du soir très longues, près du corps pour beaucoup. Elles semblent d'ailleurs être réservées aux jeunes femmes (très) bien faites.

Les premières sont composées de superpositions de couches d'organza, dans des tons pastels, qui laissent voir le corps, en transparence. Elles sont coupées radicalement, au laser. Le créateur, connu pour son travail avant-gardiste et son sens de la provocation, associe ensuite tissus fluides, plissés, transparents, et tissus technologiques plus rigides. Il rend hommage à la couture avec un imprimé, qui fait penser à un patron de couturière. L'ensemble rend bien, mais on a envie de voir la collection suivante pour en savoir davantage.

- La haute couture en pantalon de Bouchra Jarrar

Après avoir travaillé chez Balenciaga et Christian Lacroix, Bouchra Jarrar a lancé sa maison en 2010. Elle est rapidement devenue une incontournable dans le calendrier des défilés, et a obtenu fin 2013 l'appellation "haute couture", rejoignant quatorze autres maisons françaises, dont Chanel, Dior, Gaultier.

En 26 looks, mardi, elle a donné sa vision d'une élégance moderne. Bouchra Jarrar a fait défiler seulement trois robes longues, "des robes tubes", en satin cuir fluide, noire, gris anthracite puis bleu "maison", assez électrique, qui font penser à un travail d'architecte.

Pour le jour et le soir, la couturière privilégie donc les pantalons "d'uniforme", comme elle les appelle, ou "tube" en lamé bleu acier, ou encore les pantalons smoking pincés. Ils se portent avec un boléro gansé de plumes, une redingote tissée main, une veste perfecto brodée...

Au premier rang du défilé, Olivier Saillard, directeur du musée Galliera, musée de la mode de Paris. Elle est "plus proche d'un style tailleur pour homme que d'une haute couture fantaisie qui transforme les femmes en meringue", souligne-t-il. Il vante sa "précision". Sa collection? "C'est un travail qui récompense... des années de travail", juge-t-il.

- Le glamour chez Armani

La journée s'est terminée avec le défilé Giorgio Armani Privé et une collection que l'on imagine aisément portée par les fortunées du monde entier et sur les tapis rouges par les célébrités (dont Sophie Marceau, qui était au premier rang).

Dominée par un dégradé de bleus très doux, elle renvoie aux années 20. Les mannequins ont les cheveux retenus dans un foulard. Les jambes sont allongées par les coupes qui mettent en valeur le bas de la silhouette. Elles ne portent que du long (jupes, robes, pantalons), qui peut cependant être transparent ou fendu le long de la jambe, et privilégient l'évasé.

Il y a beaucoup d'imprimés: des bandes horizontales, des motifs géométriques tel ceux présents sur les cravates d'homme. La femme Armani Privé pioche d'ailleurs chemises et vestes dans la garde-robe de son homme, ce qui la rend encore plus féminine, avec un air bohémien chic.

Le couturier lui propose également des robes "très princesse", bustier, dos nu ou à fines bretelles croisées, brillantes, avec paillettes, cristaux, microperles et strass brodés.

Après le défilé, les invités ont pu (re)découvrir 80 pièces de précédentes collections Armani. Une exposition au Palais de Tokyo, baptisée Eccentrico, qui sera ouverte au public du 22 au 26 janvier.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant