Haute-couture : Le jardin enchanté de Christian Dior

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LE JARDIN ENCHANTÉ DE CHRISTIAN DIOR
LE JARDIN ENCHANTÉ DE CHRISTIAN DIOR

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Au premier jour des défilés de haute-couture pour le printemps-été 2013, Raf Simons a livré une collection aérienne et fleurie, mêlant avec art sa vision de la modernité et les codes de la maison Dior.

Entre les buis et les arbustes d'un jardin à la française reconstitué sous une tente dressée dans le jardin des Tuileries, les modèles arborent des robes bustier sur d'amples jupes plongeantes, portées mi-mollets. Le noir contraste avec les pastels irisés et sensuels des jupons bleu ciel ou rose.

Une majestueuse robe noire aux chevrons blancs enserre elle aussi le buste pour s'évaser et dévoiler le bas de la jambe.

La célèbre veste "Bar" est raccourcie dans d'impeccables smokings aux épaules étroites, tandis qu'elle rallonge plus loin, portée sur une jupe crayon et des collants roses.

Toute la modernité du vestiaire proposé par le jeune créateur belge réside dans la sobriété des lignes, le jeux des asymétries, des superpositions et des couleurs.

Il réchauffe d'un caraco jaune citron un bustier blanc porté sur deux jupes droites superposées, noir et rose. Un fluide manteau orange flamboyant agrémente un bustier crème.

Le savoir-faire des ateliers de flou et des brodeuses resplendit dans une série de robes beige tendre, bleu nuit ou rouge coquelicot, aux voilages entièrement brodés de fleurs, ou bien dans une longue robe blanche à basques plongeantes, portée avec un court manteau de soie blanc pur.

Devant Valérie Trierweiler, la compagne du président François Hollande, la princesse Charlène de Monaco et les actrices fidèles des défilés Dior, comme Isabelle Huppert ou Carole Bouquet, les mannequins défilaient la nuque courte et les lèvres pailletées de rouge vif, perchées sur des escarpins bicolores.

"L'EFFET RAF SIMONS" JOUE A PLEIN

Alors que le suisse Richemont, propriétaire de Cartier, s'est montré prudent pour l'année à venir, après des ventes décevantes en Asie en fin d'année, Sydney Toledo, PDG de Dior Couture, a déclaré à la presse que l'année 2012 s'était traduite par un "regain de consommation sur le luxe très haut de gamme" et que la maison Dior avait notamment profité d'un grand retour de la clientèle américaine.

"La couture va extrêmement bien. Nous avons de nouveaux clients, venant notamment du continent américain", a-t-il dit en marge du défilé.

Dior, qui emploie une centaine de personnes dans ses ateliers et qui a racheté l'an dernier le brodeur Vermont, se trouve face à un problème de recrutement pour ses ateliers, a-t-il précisé.

"L'effet Raf Simons" a joué à plein sur les ventes de la maison de couture, qui a vu son chiffre d'affaires semestriel décoller de 26% (et de 18% à taux constants) entre mai et octobre 2012, pour atteindre 632 millions d'euros.

Surtout, sa rentabilité a fait un bond en avant, pour atteindre 87 millions d'euros, dépassant les 85 millions enregistrés sur l'ensemble de l'année 2011 et permettant à la marge opérationnelle de ressortir à 13,8% au premier semestre, contre 8,5% pour l'exercice 2011.

Christian Dior appartient à Dior SA, la holding qui détient 41% de LVMH, numéro un mondial du luxe.

Edité par Jean-Michel Bélot

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