Hausse modérée des loyers en 2012

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Les loyers à la relocation ont progressé de 1,2% en moyenne au cours des huit premiers mois de l'année. Cette tendance devrait se poursuivre jusqu'à fin 2012, les locataires hésitant à déménager.

La crise recommence à se faire sentir sur le marché locatif. Les loyers facturés aux nouveaux locataires ont augmenté de 1,2% en moyenne au cours des huit premiers mois de l'année, soit moins que l'inflation (+1,9%), selon l'étude de l'Observatoire Clameur, qui porte sur 162.000 logements. Cette hausse est inférieure à l'augmentation des loyers depuis la création de l'observatoire en 1998 (+2,9%) et même à celle observée sur la période 2006-2012 (+1,5%).

Pour l'ensemble de 2012, l'auteur de l'enquête, Michel Mouillart, anticipe «une hausse qui n'excéderait pas 1,5%». «La demande n'est pas vaillante», justifie-t-il. Comme au début de l'année 2009, les ménages hésitent à déménager. «Ils s'inquiètent de la détérioration du marché de l'emploi et de la stagnation du pouvoir d'achat», souligne Michel Mouillart. Et cela pèse sur les prix.

Résultat, sur l'ensemble de l'année 2012, seuls 27% des locataires devraient changer de logement, contre 27,6% 2011 ou 30,2% en 2004, par exemple. «Ce qui équivaut à une perte de près de 40.000 logements locatifs», estime l'étude. De plus, les propriétaires bailleurs, qui depuis trois ans étaient de plus en plus nombreux à réaliser des travaux d'entretien avant de remettre leur bien sur le marché (ce qui leur permettait de le relouer plus rapidement et plus cher) relâchent leurs efforts. «L'effort faiblit dangereusement», note d'ailleurs l'étude.

Importantes disparités régionales

Dans ce contexte peu porteur, le montant des loyers facturés lors d'une nouvelle location, baissent dans 38,7% des villes de plus de 60.000 habitants (contre 31,3% en 2011). Et les hausses sont contenues (inférieures à l'inflation) dans 37,5% d'entre elles (Lyon, Montpellier, Toulouse, Strasbourg..).

Dans près d'un quart de ces villes (23,8%, contre tout de même 33,7% l'an passé), les loyers augmentent toujours plus que l'inflation. Parmi les 20 plus grandes villes françaises, Toulon (+4,4%), Brest (+3,3%) et Paris (+2,6%) sont les trois seules dans ce dernier cas. En revanche, les loyers baissent à Angers (-1,3%), Le Mans (-1,2%), Rennes (-0,8%), Saint-Étienne (-0,7%), Dijon (-0,4%) et Marseille (-0,3%).

Désormais, les biens sont loués 12,5 euros le m2 (hors charges). Mais, bien sûr cette moyenne cache d'importantes disparités régionales. Sans surprise, Paris reste de très loin la ville la plus chère de France (23,7 euros le m2 en moyenne). Au niveau des régions, la différence va du simple à plus du double entre l'Auvergne, la Franche-Comté et le Limousin, régions les moins chères (8,6 euros/m2), et l'Ile-de-France, la plus chère à 18,5 euros/m2.

L'indice de référence des loyers (IRL), qui sert de référence à la révision annuelle des loyers des locataires déjà en place, a lui augmenté de 2,20% sur un an au deuxième trimestre. Il est également utilisé depuis le 1er août pour encadrer les loyers dans 38 agglomérations où la demande locative est tendue. Concrètement, le loyer des logements remis en location (ou dont le bail est renouvelé) ne pourra plus augmenter plus vite que l'IRL.

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