Hausse modérée des loyers dans les grandes villes

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Alors que le marché locatif est très dynamique, les quittances ont augmenté de 0,5 % entre janvier et fin août. Les hausses sont plus fréquentes dans les grandes villes.

Le marché locatif se porte bien. Un peu partout en France, les locataires sont nombreux à déménager. Au cours des huit premiers mois de l’année, le nombre de baux signés a ainsi augmenté de 4 % par rapport à la même période de l’année dernière déjà très dynamique (+11,4% en 2015), constate l’observatoire des loyers Clameur, qui s’appuie sur les données des professionnels de l’immobilier. Au total, 31,5 % des locataires ont changé de logement depuis le début de l’année. Un taux record, supérieur au précédent pic enregistré en 2004 (30,8 %), souligne l’observatoire. Fait nouveau, les locataires parisiens, jusqu’à présent très frileux, sont aussi un tout petit peu plus nombreux à changer de logement (19,3 % des locataires ont déménagé depuis le 1er janvier). Pour autant, «ce marché a à peine retrouvé son niveau de 2009. La situation reste tendue, compte tenu de la pression des demandes», nuance l’étude de Clameur.

«La reprise du marché de la location est due à l’amélioration du moral des ménages, mais aussi à la baisse des taux d’intérêt», explique Michel Mouillart, professeur d’économie à Paris Ouest et auteur de l’étude. La chute des taux des crédits immobiliers et les nouvelles aides à la pierre (prêt à taux zéro, PTZ) permettent depuis 2015 aux jeunes locataires de devenir propriétaires de leur premier logement. Ce qui accroît l’offre de logements à louer.

Sans surprise, la vigueur du marché a permis de mettre fin à la baisse inédite des loyers constatée l’an dernier (-1,1 % sur l’ensemble de l’année 2015). Entre janvier et fin août, les quittances des biens remis sur le marché ont ainsi augmenté de 0,5 % en moyenne. Une fois de plus, ce sont les appartements familiaux (+1% pour les cinq-pièces) et des deux-pièces (+1%) qui ont le plus augmenté, alors que les studios (0 %) et les quatre-pièces (+0,2%) ont stagné.

Bien que légèrement supérieure à l’inflation, la hausse des loyers reste modérée. Et elle pourrait le rester. «Le marché est bien reparti, mais il n’y a pas de dérapage», constate Michel Mouillart, qui table sur une augmentation de 0,5 à 0,6 % sur l’ensemble de l’année. «Comme c’était déjà le cas au début des années 2000, ce sont les ménages les plus aisés qui deviennent propriétaires de leur logement et les moins bien lotis qui restent locataires», analyse-t-il. Dans ce contexte, il est plus difficile d’augmenter les quittances, intimement liées aux revenus des locataires.

Résultat, les loyers reculent encore dans 44,7 % des villes de plus de 10 000 habitants. «Habituellement, en août, ils baissent dans 36 % des villes», pointe l’étude. La tendance est en revanche différente dans les grandes villes de plus de 146 000 habitants, les loyers augmentant dans la majorité d’entre elles (75 %). Dans bien des cas, il s’agit d’un rattrapage. «Dans les trois quarts des grandes villes, depuis 2013, les loyers ont augmenté moins vite que l’inflation», souligne l’étude.

Par ailleurs, malgré une légère amélioration récente, seuls 18,5 % des logements sont aujourd’hui rénovés avant d’être remis sur le marché. «En dessous de 25 %, le parc immobilier se paupérise», prévient François Davy, président de Foncia. L’absence d’entretien pèse sur les quittances. «Après deux années d’effort d’amélioration insuffisant, les loyers baissent entre deux locataires dans 18 régions», constate Clameur.

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