Hausse des bénéfices de JPMorgan au 3e trimestre

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L'IMMOBILIER FAVORISE LA HAUSSE DES BÉNÉFICES DE JPMORGAN AU 3E TRIMESTRE
L'IMMOBILIER FAVORISE LA HAUSSE DES BÉNÉFICES DE JPMORGAN AU 3E TRIMESTRE

par David Henry

(Reuters) - JPMorgan Chase, la première banque des Etats-Unis, a annoncé vendredi un bénéfice trimestriel record, en hausse de 34%, un contexte de faibles taux d'intérêt et de redressement du marché du logement ayant dopé son activité de crédit immobilier.

L'immobilier, qui a longtemps grevé les comptes des banques, redevient une source de profit et le directeur général, Jamie Dimon, s'est dit confiant pour l'immobilier résidentiel.

"Nous pensons que le marché immobilier est sorti du tunnel", a déclaré Dimon dans un communiqué.

Les revenus de la production de crédits immobiliers ont atteint 1,8 milliard de dollars sur le trimestre juillet-septembre, un montant en hausse de 36% par rapport à la même période de l'an dernier, hors pertes liées au rachat de créances immobilières douteuses cédées à des investisseurs dans le passé.

Les analystes pensent que le prêt immobilier va continuer d'augmenter en volume, grâce entre autres à la dernière initiative de la Réserve fédérale, qui a annoncé en septembre qu'elle rachèterait jusqu'à 40 milliards de dollars d'obligations adossées à des actifs immobiliers chaque mois jusqu'à ce que le marché de l'emploi se soit nettement redressé.

Cette annonce a fait baisser les taux du crédit immobilier, selon la Mortgage Bankers Association. Les demandes de crédit immobilier ont bondi de 16,6% dans la semaine au 28 septembre, par rapport à la semaine précédente.

Les résultats du troisième trimestre montrent aussi que la banque commence à émerger de l'affaire dite de "la Baleine de Londres" qui lui a coûté des pertes de 5,8 milliards de dollars (4,47 milliards d'euros) sur les produits dérivés au premier semestre.

JPMorgan a précisé qu'elle avait enregistré seulement une "perte modeste", durant le trimestre sous revue, sur ce portefeuille de positions hasardeuses prises par certains de ses traders, dont celui surnommé la "Baleine".

BEAR STEARNS, UNE "FAVEUR"

Les annonces de la Fed ont également eu un effet stimulant sur l'activité de trading obligataire, dont le bénéfice a augmenté de 33%, hors ajustements de la valeur de l'endettement de l'établissement.

La bonne performance sur ce segment est de bon augure pour les banques d'affaires comme Goldman Sachs ou Morgan Stanley, qui doivent publier leurs résultats la semaine prochaine.

Au total, JPMorgan a dégagé au troisième trimestre un bénéfice net record de 5,71 milliards de dollars (4,40 milliards d'euros), soit 1,40 dollar par action, contre 4,26 milliards (1,02 dollar/action) sur la période correspondante l'an dernier. Dans les deux cas, le résultat net inclut des éléments exceptionnels.

Le consensus Thomson Reuters I/B/E/S était de $1,24/action. Le caractère comparable de ces deux chiffres reste à confirmer.

Le bénéfice de la banque d'investissement, hors ajustements pour variations de la valorisation de la dette de JPMorgan, a augmenté, à 1,7 milliard de dollars contre 1,2 milliard il y a un an, au plus fort de la crise en zone euro.

A Wall Street, l'action JPMorgan, qui était en hausse dans en avant-Bourse juste après la publication des comptes, reculait en séance, de 0,97% vers 15h15 GMT, à 41,69 dollars. Elle est en hausse de 27% depuis le début de l'année, soit près du double de la hausse de l'indice S&P-500 des banques. Mais cette performance est inférieure de trois points environ à la progression de l'indice des bancaires KBW.

La banque a constitué une nouvelle provision de 684 millions de dollars, avant impôt, au troisième trimestre pour couvrir ses frais de justice. Un an auparavant, cette provision était d'un milliard.

Le procureur général de New York a lancé des poursuites contre la banque la semaine dernière, la banque Bear Stearns, rachetée en 2008 avec le concours de l'Etat, étant soupçonnée d'avoir trompé les investisseurs en 2006 et 2007.

Cette accusation avait déjà été portée par des investisseurs privés dans une plainte au civil. La nouvelle plainte inquiète tout de même les investisseurs, qui craignent de nouveaux frais de justice pour JPMorgan et d'autres banques.

Jamie Dimon a jugé que ces poursuites étaient "injustes" parce que JPMorgan a fait une "faveur" à la Fed en rachetant Bear Stearns.

Wilfrid Exbrayat et Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand

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