Hausse de la TVA : Fillon s'oppose à Copé

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Le secrétaire général de l'UMP souhaite abaisser le coût du travail en France. Tant Christine Lagarde que François Fillon rejettent cette proposition.

Un second pavé dans la mare. A quinze mois de l'élection présidentielle, Jean-François Copé n'est pas en mal d'idées pour accroître la compétitivité de l'économie française. Après avoir lancé le débat sur la suppression des 35 heures, le secrétaire général de l'UMP se prononce cette fois, dans les colonnes du «Parisien - Aujourd'hui en France», pour une baisse des cotisations sociales et un relèvement de la TVA. «Les seuls qui cotisent sont les entreprises et ceux qui travaillent. Nous sommes le seul pays qui fait cela et cela plombe le coût du travail. Il faudrait donc baisser les cotisations sociales, qui ne sont payées que par quelques uns, et faire un transfert sur la TVA, qui est payée par tout le monde. Un point supplémentaire de TVA, ça se voit à peine. Il faut y réfléchir. Il y aura certes une augmentation, mais tout le monde sera gagnant au final», estime Jean-François Copé.

Pour le maire de Meaux, l'objectif de la suppression des 35 heures et du relèvement de la TVA est bien le même : doper la compétitivité de l'économie française dans un contexte de concurrence accrue, sur le modèle de nos voisins d'Outre-Rhin. «La France n'est pas une île. La crise économique nous commande de regarder ce qui se fait ailleurs, en Allemagne notamment», explique-t-il. Le coût du travail a en effet connu une inflexion à la baisse en Allemagne depuis 2004, à la suite des réformes Hartz qui ont allégé le filet de protection sociale. En 2007, l'Allemagne a également relevé son taux de TVA , de 16% à 19%. Un taux qui demeure cependant inférieur aux 19,6% pratiqués en France. Quant aux cotisations sociales, elles pèsent en effet moins lourd Outre-Rhin qu'en France pour les employeurs.

«Pas souhaitable en ce moment»

Pas sûr pour autant que les propositions formulées par le secrétaire général de l'UMP ne suscitent l'enthousiasme. Le gouvernement, déjà, s'était montré réticent à remettre sur la table le sujet sensible de la durée hebdomadaire du travail, après les assouplissements progressivement adoptés depuis 2002. «Les salariés y perdraient dans la minute sur leur fiche de paie», estimait en début d'année le ministre du Travail Xavier Bertrand. «Les 35 heures, uniformes et obligatoires, n'existent plus», avait renchérit Nicolas Sarkozy lors de ses voeux aux partenaires sociaux.

Quant au relèvement de la TVA, c'est Christine Lagarde qui s'y est, la première, montrée opposée. Ce mardi matin sur RTL, la ministre de l'Economie a jugé qu'une telle mesure n'était «certainement pas souhaitable en ce moment», alors que la croissance française demeure fragile, et portée, entre autres, par la consommation des ménages. «Une augmentation de la TVA entraînerait une augmentation immédiate du volume des prix alors qu'on n'aurait pas immédiatement une diminution des charges sociales», a-t-elle expliqué. Selon des parlementaires UMP cités par l'AFP, le premier ministre François Fillon serait également hostile à une telle hypothèse.

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