Hassan Rohani en position d'être élu dès le premier tour en Iran

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HASSAN ROHANI EN POSITION DE L'EMPORTER AU PREMIER TOUR EN IRAN
HASSAN ROHANI EN POSITION DE L'EMPORTER AU PREMIER TOUR EN IRAN

par Marcus George et Yeganeh Torbati

DUBAI (Reuters) - Hassan Rohani, le plus modéré des candidats à l'élection présidentielle iranienne, est en position de l'emporter dès le premier tour, selon des résultats préliminaires diffusés samedi qui n'ont pas empêché le Guide suprême de qualifier le scrutin de "vote de confiance" envers la République islamique.

Les experts ne pensent pas qu'une victoire de Hassan Rohani changerait fondamentalement les relations entre l'Iran et l'Occident, mais ils s'attendent à ce qu'il adopte une politique étrangère moins conflictuelle que celle du président sortant Mahmoud Ahmadinejad, tout en promouvant une "charte des droits civiques" dans son pays.

Pour les autorités de Téhéran, la priorité de ce scrutin était de faire oublier la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad il y a quatre ans, qui avait jeté des millions d'Iraniens dans la rue, crise la plus grave traversée par la République islamique depuis la révolution de 1979.

Malgré l'échec cinglant des candidats conservateurs qu'il soutenait, l'ayatollah Ali Khamenei a donc jugé que la forte mobilisation qu'il appelait de ses voeux démontrait la confiance des Iraniens dans les institutions.

"Un vote pour n'importe lequel de ces candidats est un vote pour la République islamique et un vote de confiance envers le système", a dit le Guide sur son compte Twitter.

Après le décompte de près de 12 millions de bulletins - sur 50 millions d'inscrits -, Hassan Rohani est crédité de 51,8% et continue de creuser l'écart avec son rival conservateur le plus proche, le maire de Téhéran Mohammad Baqer Qalibaf, qui ne recueille que 15,8%, selon les chiffres des autorités iraniennes compilés par Reuters.

Saïd Jalili, chef des négociateurs sur le programme nucléaire iranien, arrive en troisième position avec 13%, suivi par Mohsen Rezaï, ancien chef des Gardiens de la révolution, avec 12%.

Mais des chaînes de télévision publiques ont précisé que le vainqueur devra avoir recueilli plus de 50% de l'ensemble des suffrages exprimés, y compris les bulletins nuls. Ce qui ramènerait le score de Rohani à 50,03%, une marge plus réduite mais encore suffisante pour éviter un second tour le 21 juin.

"RÉFÉRENDUM EN FAVEUR DU STATU QUO"

Au QG de campagne du candidat arrivé semble-t-il en tête, l'ambiance est à la fête, plusieurs militants s'apprêtant à fêter la victoire de Rohani, dit-on de source proche de son entourage.

Les autorités électorales n'ont toutefois pas précisé de quelles circonscriptions -villes ou campagnes- proviennent les résultats dépouillés et annoncés.

Quelque 50 millions d'Iraniens étaient appelés aux urnes pour désigner le successeur de Mahmoud Ahmadinejad. La participation aurait atteint entre 70 et 80%, selon la télévision iranienne. Certains bureaux de vote sont restés ouverts pendant cinq heures supplémentaires en raison de l'affluence.

Hassan Rohani, un ancien négociateur sur le programme nucléaire, a bénéficié cette semaine du désistement du candidat réformateur Mohammad Reza Aref.

Il a aussi reçu le soutien des anciens présidents Mohammad Khatami et Akbar Hashemi Rafsanjani, ce dernier ayant lui-même été exclu du scrutin par le Conseil des gardiens de la Constitution, une institution proche du Guide.

S'il apparaît à ce titre comme le candidat le moins conservateur, il n'en est pas moins un pur produit de la théocratie iranienne et avait joué un rôle actif dans la révolution qui a renversé le Chah en 1979.

Pour les autorités de Téhéran, il incarne donc une forme de continuité. "La participation du peuple aux élections montre que la révolution est toujours vivante", a affirmé le président du Majlis (Parlement), Ali Larijani.

Pour Yasmin Alem, une spécialiste du système électoral iranien basée aux Etats-Unis, la forte participation peut effectivement être considérée comme un "référendum en faveur du statu quo", dans la mesure où il a démontré que même "au plus fort de la déception (envers un système jugé responsable de la crise socio-économique), les électeurs iraniens croient encore que leur vote peut faire la différence".

Le Conseil national américano-iranien, basé à Washington, porte en revanche un regard différent sur l'issue du scrutin.

"Malgré les efforts de l'élite au pouvoir pour s'assurer d'une victoire conservatrice, le seul candidat centriste/réformiste en lice semble avoir triomphé", relève-t-il. "Si ce résultat se confirme, il faudra que l'Occident révise son idée selon laquelle l'ayatollah Khamenei et le CGRI (Conseil des gardiens de la révolution islamique) sont tout-puissants."

Pierre Sérisier, Tangi Salaün et Jean-Loup Fiévet pour le service français

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  • LeRaleur le samedi 15 juin 2013 à 16:30

    Un guignole qui obéira au doigt et l'œil au chef mafieux Ali Khamenei.

  • pierry5 le samedi 15 juin 2013 à 12:08

    C'est quoi les élections chez eux. On vote pour un barbu qui remplace un autre barbu !!