Hashim Thaçi : Au Kosovo, Belgrade suit le "modèle de la Crimée"

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    PRISTINA, 16 janvier (Reuters) - Le président du Kosovo, 
Hashim Thaçi, a accusé la Serbie, dans une interview accordée 
lundi à Reuters, de vouloir s'emparer du nord de son pays à 
l'image de l'annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014. 
    Le ton est monté ce week-end entre Belgrade et Pristina 
après le blocage à la frontière d'un train peint aux couleurs du 
drapeau national serbe sur lequel était inscrit le slogan "Le 
Kosovo est serbe". 
    Le convoi, qui venait de Belgrade et avait pour destination 
finale Mitrovica, dans le nord du Kosovo, a été bloqué samedi 
par des unités spéciales de la police du Kosovo.   
    Selon Hashim Thaçi, ce train a été affrété pour "provoquer" 
les Kosovars. Il s'agissait, a-t-il ajouté, de créer un incident 
justifiant en retour une intervention militaire dans les régions 
situées dans le nord de son pays, où vivent quelque 50.000 
Serbes ne reconnaissant pas l'autorité de Pristina et demandant 
leur rattachement à la Serbie. 
    "L'intention de la Serbie est se servir de ce train, qui lui 
a été donné par la Russie, d'abord pour contribuer à une 
sécession de la partie nord du Kosovo puis pour l'annexer à la 
Serbie. C'est le modèle de la Crimée", a poursuivi le président. 
    Aucune demande d'autorisation n'avait été déposée auprès des 
autorités kosovares pour le passage de ce train. 
    Toute tentative de Belgrade visant à annexer la partie nord 
du Kosovo déclenchera "une réaction en chaîne dans tous les 
Balkans occidentaux", a prévenu Hashim Thaçi. 
    La Serbie n'a jamais reconnu la sécession puis 
l'indépendance du Kosovo, ex-province serbe à majorité 
albanophone qui s'est proclamé indépendant en 2008. La Russie ne 
le reconnaît pas davantage. 
 
 (Fatos Bytyci, Henri-Pierre André pour le service français, 
édité par Gilles Trequesser) 
 
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