Haro sur Matteo Renzi pour les statues antiques cachées à Rohani

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    ROME, 27 janvier (Reuters) - Les dirigeants d'opposition et 
les médias italiens ont redoublé de critiques mercredi contre le 
président du Conseil Matteo Renzi, des statues antiques de nus 
féminins ayant été dissimulées derrière des panneaux blancs lors 
de la visite à Rome du président iranien Hassan Rohani. 
    Les journaux ont publié en une des photographies des 
"boîtes" qui ont masqué ces statues aux yeux du dirigeant 
iranien.  
    Même le ministre de la Culture, Dario Franceschini, a parlé 
d'une décision "incompréhensible". Hassan Rohani, a-t-il ajouté, 
aurait pu être accueilli ailleurs qu'au Capitole. 
    Dario Franceschini a affirmé que ni lui ni le président du 
Conseil n'avaient été informés de cette décision, prise à la 
demande de l'ambassade d'Iran. 
    Les services du chef du gouvernement ont accédé à cette 
demande sans même en informer Renzi, selon la presse italienne. 
    Une enquête interne a été ouverte. 
    Interrogé à ce sujet à son départ de Rome, Hassan Rohani a 
dit tout ignorer de cette affaire et a remercié l'Italie pour 
"sa grande hospitalité". 
    Francesco Rutelli, ancien maire de Rome et ancien ministre 
de la Culture, a déclaré que cacher les statues était "une 
totale idiotie et un sacrilège culturel".  
    "Fallait-il, pour ne pas offenser le président iranien,  
nous offenser nous-mêmes", s'interroge le quotidien de gauche La 
Repubblica. 
    La Stampa critique "les petits génies du protocole" qui ont 
craint que Rohani ait un "choc hormonal" en voyant les statues 
et annule la signature de contrats. 
    En couvrant les statues, l'Italie s'est "couverte de 
ridicule", estime le journal d'opposition Il Giornale. 
    "Respecter les autres cultures, cela ne veut pas dire renier 
la nôtre", avait déclaré mardi Luca Squeri, député du parti de 
droite Forza Italia. "Ce n'est plus du respect, c'est la 
négation des différences, une sorte de capitulation." 
    Pour Barbara Saltamartini, députée de la Ligue du Nord, 
couvrir les statues est "un acte de soumission", et le dirigeant 
de son parti, Matteo Salvini, a parlé de "folie". 
    Lors d'un dîner officiel lundi soir, et à la demande des 
Iraniens, le vin ne figurait pas au menu. 
    L'an dernier, Matteo Renzi avait essuyé les mêmes critiques 
lorsqu'il avait fait couvrir des tableaux de nus à la mairie de 
Florence lors d'une visite du prince héritier des Emirats arabes 
unis. 
     
 
 (Philip Pullella avec Crispian Balmer; Guy Kerivel pour le 
service français) 
 
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  • semis il y a 10 mois

    Renzi s'est couché devant l'iranien...