Handball: une équipe de France "responsable" à l'Euro de Serbie

le
0

par Chrystel Boulet-Euchin

PARIS (Reuters) - A la veille de l'Euro qui débute lundi en Serbie, Claude Onesta, l'entraîneur de l'équipe de France de handball, estime qu'aujourd'hui ses joueurs, invaincus depuis les Jeux olympiques de Pékin en 2008, sont maîtres de leur destin.

La génération qui se rendra à Londres en août prochain pour tenter de conserver son titre olympique a désormais son avenir entre ses mains, Claude Onesta se contentant de superviser.

"C'est comme un chef d'entreprise. Ces joueurs sont devenus responsable de leur entreprise et ce qu'ils vivent, c'est ce qu'il construisent. Chacun est responsable de ses performances", a dit l'entraîneur vendredi, lors d'une conférence de presse.

Doubles champions du monde (2009 et 2011), champions d'Europe (2010) et champions olympiques, ceux qui sont aujourd'hui surnommés les "Experts" vont de nouveau faire face à une sérieuse opposition qui rêvera de les détrôner.

Un échec semble à peine envisageable tant le handball français domine son sujet depuis quatre ans, mais il est possible et, selon Claude Onesta, il ne serait pas forcément un handicap avant les Jeux de Londres.

"Je ne dis pas qu'un échec ne serait pas destructeur mais chacun est responsable de ses performances. S'il doit y avoir échec, on discutera pour savoir ce qui l'a généré. On ne le vit pas comme une angoisse mais comme quelque chose qui, le cas échéant, peut nous aider à rebondir", dit le discret entraîneur qui tend à faire croire que son rôle est minime dans le fonctionnement de l'équipe.

"Moi aujourd'hui, je n'interviens plus sur le jeu. Je suis celui qui, de temps en temps, les aide dans les moments difficiles. Ce sont eux qui construisent mais quand je dis quelque chose, ça porte car je n'interviens pas sans arrêt", dit Onesta.

"GÉNÉRAL SOVIÉTIQUE"

Ce mode de fonctionnement convient donc au chef d'orchestre mais aussi à ses musiciens, à commencer par le capitaine Jérôme Fernandez.

"Tout est rôdé, tout le monde se dit les choses directement quand il y a un problème, ce qui est rare au sein de l'équipe. Claude (Onesta) voit ça d'un peu au-dessus et gère s'il y a un gros problème. Il le dit lui même, on est des grands garçons", a expliqué Jérôme Fernandez à Reuters.

"C'est la disponibilité des garçons, leur intelligence et leur maîtrise au niveau handball qui fait que nous pouvons fonctionner comme ça."

Tout comme Claude Onesta, Jérôme Fernandez estime qu'un revers lors de l'Euro serbe ne sonnerait pas le glas de cette équipe d'exception.

"Une défaite serait une contre-performance mais ne remettrait rien en cause. On a certainement aujourd'hui, à tous les postes, l'équipe la plus performante que l'on ait jamais eue", dit Fernandez.

"Cet Euro est un peu un bonus pour nous, il va nous servir à préparer les Jeux, si on ne va pas au bout, on sera forcément très déçu mais bon, c'est peut-être le jour où l'on va perdre que l'on réalisera tout ce qu'on a fait ces dernières années."

Et si les joueurs attrapaient "la grosse tête" et se voyaient déjà trop beaux avant de coiffer une nouvelle couronne, Claude Onesta se chargerait de leur remettre les pieds sur terre.

Il a même déjà commencé en demandant à l'équipementier de réduire sur les maillots la taille des étoiles symbolisant les titres mondiaux de l'équipe de France.

"J'ai demandé que les étoiles soient plus petites. Ça devenait trop ostentatoire et ça ne va pas bien avec nous. Cette équipe ne se construit pas sur les excès et là, cela faisait un peu général soviétique."

Edité par Pascal Liétout

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant