Handball: Toulouse, entre médailles olympiques et budget à trous

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LE FÉNIX TOULOUSE ABORDE LA NOUVELLE SAISON DE HANDBALL EN S'INTERROGEANT SUR SON AVENIR
LE FÉNIX TOULOUSE ABORDE LA NOUVELLE SAISON DE HANDBALL EN S'INTERROGEANT SUR SON AVENIR

par Jean Décotte

TOULOUSE (Reuters) - Deux médaillés d'or olympique mais plus de président : le Fénix Toulouse Handball est passé par tous les états cet été et aborde la nouvelle saison de D1 en s'interrogeant sur son avenir, à mille lieues du budget rondelet et du recrutement clinquant du Paris Saint-Germain.

Quand le PSG Handball, désormais sous pavillon qatari, affiche un budget de plus sept millions d'euros, le Fénix peine à boucler le sien à 2,3 millions malgré le nouveau sacre de ses "Experts" Jérôme Fernandez et Daouda Karaboué, couronnés aux Jeux de Londres avec les Bleus.

Le président du club toulousain, Patrick Salles, a décidé de se retirer début août pour "raisons professionnelles et personnelles", laissant aux autres dirigeants la tâche de trouver de nouveaux partenaires pour équilibrer les comptes.

Et la CNACG, "gendarme financier" de la Ligue de handball, a sanctionné lundi le Fénix en limitant sa masse salariale, une décision qui prive le club de ses trois recrues jusqu'à ce qu'il ait redressé sa situation.

"La CNACG nous limite la masse salariale. Aujourd'hui, notre masse salariale dépasse de trois joueurs, les trois recrues, donc ces joueurs-là ne sont pas autorisés à jouer. Mais ce n'est pas définitif", souligne Alain Dupuy, membre du directoire du Fénix et contraint d'assurer l'intérim à la tête du club.

SALAIRES RÉDUITS DE 20%

De fait, à cinq jours de la réception d'Aix pour la première journée de D1, le Fénix ne pourra aligner ni Rock Feliho, meilleur défenseur du championnat la saison dernière, ni le pivot slovène Miha Zvizej, ni le jeune Xavier Moreau.

"L'absence de Moreau, de notre pivot et de Feliho, ça nous handicape, je ne vais pas vous mentir (...) Ce qui est sûr, c'est qu'on n'aura pas de solution miracle d'ici vendredi", reconnaît Alain Dupuy, qui veut croire que la situation se régularisera prochainement.

Patrick Salles, l'ancien président, étant partenaire à hauteur de 300.000 euros, son départ a laissé un trou dans le budget qu'il faut combler.

"On s'active pour que la masse salariale soit revue à la hausse, que le budget soit renforcé, afin qu'on puisse faire part à la CNACG de cette évolution", poursuit Alain Dupuy.

"Aujourd'hui, je suis franchement optimiste. Il y a une forte mobilisation des partenaires, une volonté claire et affichée d'aider le club, un véritable engouement autour des partenaires."

Signe d'une mobilisation générale, "la quasi-totalité des joueurs" ont accepté une réduction de 20% de leur salaire pour aider le club à s'en sortir, fait-il valoir.

"MON INVESTISSEMENT EST TOTAL", DIT FERNANDEZ

Sixième du dernier championnat, tous les voyants semblaient pourtant au vert pour le Fénix : un effectif solide, un public de plus en plus fidèle dans une ville où cohabitent déjà rugby et football, et deux champions olympiques en tête d'affiche.

Revenu en 2011 à Toulouse, club de ses débuts, Jérôme Fernandez fait face avec philosophie aux turbulences liées à la démission de Patrick Salles.

"On espère que de nouveaux partenaires vont venir au club à la suite du départ du président et que le club va réussir à rebondir sur cette opportunité", disait-il quelques jours avant la décision de la CNACG.

Le double champion olympique s'est dit prêt à mettre sa notoriété et son récent sacre de Londres au service du Fénix.

"Si cette médaille peut permettre d'aller chercher de nouveaux partenaires, il ne faut pas s'en priver. J'ai envie que le club se développe et qu'on continue à gravir les échelons, sans se brûler les ailes mais en étant réguliers dans notre progression. Mon investissement est total."

Entre les déboires du Fénix et la débauche de moyens du PSG, il y a un monde d'écart, mais le capitaine de l'équipe de France dit ne pas craindre le nouvel ogre parisien, qui a recruté cet été des stars du calibre de Luc Abalo, Didier Dinart ou le Danois Mikkel Hansen.

"Je n'ai pas peur, au contraire ça me fait très plaisir", assure Jérôme Fernandez.

"Cela fait longtemps que je dis que notre référence ça doit être le Top 14 (de rugby) et qu'on doit dans notre championnat retrouver au moins sept ou huit équipes compétitives et je crois qu'aujourd'hui on n'est pas loin de ce contrat-là. C'est très intéressant pour le côté attractif de notre championnat."

D'ailleurs, le joueur de 35 ans espère voir d'autres pointures rejoindre la D1 française : "On espère que d'autres grands joueurs, d'autres grands noms viendront dans notre championnat. Ce qu'il ne faut pas, c'est qu'ils aillent tous dans la même équipe..."

Edité par Jean-Paul Couret

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