Handball: Onesta veut au Mondial faire abstraction des paris

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AU MONDIAL, ONESTA NE VEUT PAS SE LAISSER PERTURBER PAR L'AFFAIRE DES PARIS
AU MONDIAL, ONESTA NE VEUT PAS SE LAISSER PERTURBER PAR L'AFFAIRE DES PARIS

par Sophie Greuil

TOULON, Var (Reuters) - L'équipe de France de handball entame samedi sa quête d'un nouveau titre mondial et ne se laissera "aucunement" perturber par l'affaire des paris qui a ébranlé son joueur vedette, Nikola Karabatic, assure le sélectionneur Claude Onesta.

Les "Experts", doubles champions du monde et champions olympiques en titre, bouclaient leur préparation mercredi soir à Montpellier, contre l'Argentine, avant de rallier Barcelone où ils ouvriront le bal samedi soir contre la Tunisie.

A l'orée de cette nouvelle campagne, Claude Onesta s'est voulu ferme et serein quant aux possibles conséquences de l'enquête sur des paris suspects qui éclabousse son sport depuis le mois de septembre.

"A l'échelle de l'équipe de France, cette affaire n'a pas d'incidence. Je n'ai pas à la gérer", a-t-il dit à la presse à Saint-Cyr, près de Toulon, où l'équipe était en stage. "Ce n'est pas une affaire vécue par le handball mais une affaire vécue par quelques joueurs de handball. Cette affaire n'a pas à impacter l'équipe de France. Il ne faut pas faire d'amalgame."

Peu de joueurs sont concernés, mais pas des moindres puisque Nikola Karabatic est mis en examen, tout comme l'ailier Samuel Honrubia, dans l'enquête sur les paris autour d'un match de championnat de France entre Montpellier et Cesson-Sévigné.

A Barcelone, Claude Onesta veut compter sur 16 joueurs "à la recherche de la performance".

"A eux de faire abstraction de leurs états d'âme, de laisser ailleurs les affaires de paris. Si certains n'y arrivent pas, j'interviendrai très vite", promet-il.

"SUPPLÉMENT D'ÂME"

Il y a un an, en Serbie, les Experts, alors champions olympiques, du monde et d'Europe en titre, avaient été éliminés au second tour du championnat d'Europe.

A six mois des Jeux olympiques, cette élimination avait fait couler beaucoup d'encre sans dissoudre une équipe qui a su rebondir pour décrocher à Londres un second sacre d'affilée.

"Ne pas se désintégrer dans la difficulté a été ce dont nous avions sans doute besoin pour réussir nos Jeux", convient Claude Onesta.

Cinq mois après les Jeux, l'Albigeois de 55 ans, qui avait reconnu lui-même n'avoir pas su mobiliser et unir suffisamment ses hommes à l'Euro, dit avoir bien retenu la leçon serbe.

"Depuis, nous avons tout mis en oeuvre pour qu'un tel épisode ne se reproduise plus. Depuis, tout le monde, moi le premier, a redoublé de vigilance, d'attention, de concentration et d'exigence", assure-t-il.

"Quoi qu'il arrive, on doit rester complètement mobilisés, réceptifs, en interaction permanente afin de cultiver notre cohésion. A l'avenir, je ne les laisserai pas se mentir très longtemps."

"Quoi qu'il arrive, on doit toujours - même si le calendrier est démentiel -, faire le métier avec un supplément d'âme", ajoute Claude Onesta, en poste depuis 2001.

"SANS JOKER"

L'équipe de France se voit proposer un premier tour dans ses cordes dans une poule A où elle affrontera la Tunisie, le Monténégro, le Brésil, l'Argentine et l'Allemagne. Aucun de ces pays n'est un épouvantail et finir dans les quatre premiers paraît un minimum.

"Mais il ne faudra pas y jouer à l'envers. Sinon, on le paiera en huitièmes de finale où il faudra hausser d'un seul coup d'un seul notre niveau de jeu", prévient Claude Onesta, qui devra faire sans les frères Gille - Guillaume a pris sa retraite internationale et Bertrand est forfait.

"Face au Danemark, à la Russie, à l'Islande ou la Macédoine, n'importe quel huitième de finale sera une épreuve, sans joker", ajoute le sélectionneur, tout de même très serein.

Pour rester champion du monde et à l'amorce d'une olympiade qui emmènera les Experts jusqu'à Rio de Janeiro en 2016, Claude Onesta compte sur son "ancienne ossature capable de transmettre, sans soubresauts, le témoin à la nouvelle génération".

Viennent alors les noms de Daniel Narcisse, fraîchement élu meilleur joueur du monde en 2012, de Didier Dinart, qui disputera sa dernière compétition internationale, ou du gardien Thierry Omeyer et du capitaine Jérôme Fernandez.

"Croire que nous sommes imbattables ou au-dessus de tout le monde serait une illusion", prévient toutefois Claude Onesta.

"Certes nous avons un palmarès surréaliste. Certes nous faisons partie de ceux qui gagnent. Mais là, nous serons moins favoris que l'Espagne, qui aura l'avantage de jouer à la maison. Et en Espagne, ce ne sera pas un mince avantage."

Edité par Gregory Blachier et Gilles Trequesser

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