Handball: Montpellier pourrait licencier des joueurs

le
0

MONTPELLIER (Reuters) - Le président du club de handball de Montpellier, Rémy Lévy, a prévenu vendredi que des sanctions lourdes seraient prises si l'enquête autour d'un match présumé truqué devait aboutir, tout en refusant de se prononcer sur le fond de l'affaire.

Une information judiciaire a été ouverte pour faire la lumière sur des paris anormalement élevés lors de la défaite surprise de Montpellier face à Cesson-Sévigné, club d'Ille-et-Vilaine, en fin de saison dernière.

L'enquête a été déclenchée à la suite d'un signalement de la Française des Jeux, et vise plusieurs joueurs et leur entourage, soupçonnés d'avoir misé sur la défaite de leur propre équipe, déjà assurée à l'époque de remporter le titre de champion de France.

"Vous imaginez bien que si c'était avéré, on ne resterait pas les bras ballants, on utiliserait le degré de sanctions le plus haut dans l'échelle des sanctions", a affirmé Rémy Lévy lors d'une conférence de presse à Montpellier.

"Il y a un contrat de travail. S'il n'est pas respecté, on peut aller jusqu'à le rompre", a-t-il précisé au lendemain du match nul de Montpellier à Flensbourg en Allemagne en Ligue des champions (37-37).

"Si le principe des paris était acté sans autre conséquence, ce serait une violation du contrat de travail, c'est évident que des sanctions seraient prises. Je ne sais pas encore lesquelles."

"LES JOUEURS NE VONT PAS S'ENFUIR"

L'affaire a plongé dans la stupeur le club, qui compte dans son effectif plusieurs champions olympiques sacrés cet été à Londres et affiche l'un des plus beau palmarès du handball français, dont une Ligue des champions en 2003.

Rémy Lévy avait annoncé mercredi que le Montpellier Handball comptait se porter partie civile face au "grave préjudice" subi par le club, notamment en termes d'image.

"C'est toujours difficile de découvrir ce genre d'allégations, en particulier que le club aurait pu être à l'origine du résultat. A aucun moment l'enquête ne porte sur le club, le club n'est dans le collimateur de personne", a-t-il insisté vendredi.

"Je n'ai pas eu le temps de voir les joueurs, l'enquête va aller très vite, les joueurs répondront à la justice, je ne tiens pas à interférer avec ma présence dans leur relation avec l'enquête", a-t-il dit.

Cette affaire intervient au plus mauvais moment pour Montpellier, qui avait un programme chargé cette semaine: deux déplacements, jeudi en Ligue des champions, et à Paris dimanche pour affronter le PSG, bien décidé à contester cette saison l'hégémonie montpelliéraine sur le championnat de France.

"C'est sûr que si à Paris, on passe notre temps à être escortés, comme des criminels, cela va être compliqué. Je demande qu'on nous laisse tranquille, un peu de sérénité, que ce soit à vous et aux services de police", a lancé Rémy Lévy aux journalistes.

"On n'a pas besoin de faire le grand guignol médiatique pour entendre les joueurs, ils ne vont pas s'enfuir après Coubertin (où aura lieu la rencontre, ndlr), ils ne vont pas prendre un avion pour Bogota ou La Paz", a estimé Rémy Lévy.

"Laissez-les rentrer chez eux, et ils seront à la disposition de la justice lundi matin."

Simon Carraud et Dimitri Moulins

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant