Handball: les experts, toujours confiants, font leur mea culpa

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par Sophie Grueil

BARCELONE (Reuters) - A l'image de Didier Dinart, passé à travers vendredi contre l'Allemagne, l'équipe de France de handball fait son mea culpa mais reste confiante pour la suite du Mondial et le huitième de finale contre l'Islande, dimanche.

"Hier, j'ai raté mon match. De minute en minute, je me suis effrité sans pouvoir, comme parfois, réagir, me ressaisir. Je prends pour moi cette défaite. Je ne me trouve aucune excuse. Et je saurai faire mon autocritique en règle avant de jouer l'Islande", a dit samedi Didier Dinart, patron de la défense des Experts.

Vendredi contre l'Allemagne, dans la dernière rencontre de poule perdue sur le score de 32 à 30, Dinart, qui termine sa carrière sur ces championnats du monde, n'a pas été à la fête pour ses 36 ans.

La défense française, socle du palmarès historique des Experts, est passée à travers, muette dans les duels "face à des Allemands, arrivant à 200 km/h", comme le regrette l'entraîneur Claude Onesta.

"S'ils avaient été stoppés la première et la seconde fois, ils seraient arrivés moins vite", ajoute-t-il.

Même s'il a sorti Didier Dinart en cours de rencontre, "ce qui n'était jamais arrivé en treize saisons", souligne-t-il, Claude Onesta lui garde sa confiance :

"La presse, notamment, doit penser qu'il est cuit de chez cuit. Effectivement, hier, ce n'était pas une belle journée d'anniversaire pour lui. Malheureusement, cette fatalité arrivera de plus en plus souvent : ce n'est ni une découverte ni un scoop", précise-t-il.

"Je suis sûr qu'il saura trouver des ressources pour aller chercher du potentiel sur cette dernière semaine, pour redevenir utile et performant".

Didier Dinart n'est pas le seul responsable car la force collective tricolore a été "plombée par trois ou quatre joueurs, qui comme Didier (Dinart) et Jérôme (Fernandez) ont été en dedans", juge l'entraîneur.

KARABATIC CONFIANT

En dedans comme Daniel Narcisse séché d'entrée "et ayant passé depuis plus de temps en kiné qu'en vidéo", révèle Claude Onesta.

Comme aussi, le gardien Thierry Omeyer qui a pris seize buts en première mi-temps et n'a réussi que sept arrêts au total.

"A moins de dix arrêts par rencontre, il devient compliqué de gagner une rencontre", souligne Claude Onesta.

Le patron des Experts soulève aussi le problème du capitaine Jérôme Fernandez, loin son niveau contre l'Allemagne et lui aussi rattrapé par l'âge.

"Là encore, la presse se demande si le potentiel de Jérôme Fernandez est terminé ou pas. Peut-être l'est-il sur cette compétition ? Mais, dans les mois à venir, je ne pense pas", plaide Claude Onesta.

Comme Didier Dinart, Jérôme Fernandez ne se dérobe pas. "Dans cette compétition, je n'ai pas encore fait une rencontre où je me sentais bien. Je manque encore de repères. Hier, par moments, je ne me sentais pas totalement bien à côté des autres", avoue-t-il à un mois et demi de ses 36 ans.

"Comme d'autres, comme l'équipe de France dans son ensemble, j'attends, peut-être, d'être dos au mur, sur une rencontre couperet, pour élever mon niveau de jeu. Inconsciemment, nous gardons, sans doute, des forces pour la suite."

Une des satisfactions de la défaite contre l'Allemagne a été Nikola Karabatic qui affiche d'ailleurs une belle confiance.

"Même si nous n'avons pas le droit à l'erreur, je suis confiant. En général, nous avons plutôt prouvé que nous savions gérer les situations où nous n'avons pas le droit à l'erreur", dit-il.

"Aujourd'hui, chaque équipe nous rencontrant joue avec l'idée qu'elle n'a rien à perdre, avec l'idée de briller et de nous faire vaciller. Donc, il faut en avoir conscience pour ne pas se laisser déborder, après tel ou tel résultat ou telle ou telle analyse, par un excès d'inquiétude ou de peur."

Edité par Jean-Paul Couret

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