Handball: le Mondial, "laboratoire" pour la science des Experts

le
0
L'EQUIPE DE FRANCE DE HANDBALL ENTAME LA DÉFENSE DE SON TITRE MONDIAL
L'EQUIPE DE FRANCE DE HANDBALL ENTAME LA DÉFENSE DE SON TITRE MONDIAL

par Sophie Greuil

TOULON (Reuters) - L'équipe de France de handball entame samedi un championnat du monde de handball que l'entraîneur Sylvain Nouet voit comme un "laboratoire", dès le premier tour où elle affronte des équipes aux profils très variés.

Ce Mondial ouvre une olympiade qui s'achèvera avec les Jeux de Rio en 2016. Les certitudes de chacun sont donc ébranlées car de nombreuses nations, France incluse, l'abordent autant comme la première étape vers le Brésil qu'une compétition à remporter.

"Ce championnat du monde sera de transition parce que des équipes se sont restructurées et rajeunies. En vue des Jeux Olympiques à Rio en 2016, des nouveaux visages vont apparaître et feront bouger les lignes", explique Sylvain Nouet.

"En cela, ces championnats du monde vont être un laboratoire", dit en se frottant les mains l'"adjoint" de Claude Onesta mais véritable technicien du staff depuis 2001.

Sylvain Nouet place évidemment ses Experts, doubles champions du monde et double champions olympiques en titre, "parmi les favoris". "Mais comme justement, certaines lignes risquent de changer, il faut être sur nos gardes", reprend-il.

A Barcelone, les "Experts" entament leur campagne par une poule d'abord facile avec la Tunisie, le Monténégro, le Brésil, l'Argentine et, pour finir, l'Allemagne.

Il faudra finir dans les quatre premiers, un objectif plus qu'abordable, pour disputer un huitième de finale qui s'annonce plus périlleux face au Danemark, à la Russie, l'Islande ou la Macédoine.

Sylvain Nouet est à la fois vigilant et serein avant le premier tour qu'il espère être un excellent tour de réglage.

"Samedi, nous ouvrirons le bal contre la Tunisie, à notre portée. Jeune et imprévisible, elle doit nous permettre de nous mettre tout de suite dans le bain de la concentration et la vigilance", expose-t-il.

Le lendemain, le Monténégro se présentera : "Là, c'est la grande inconnue. Donc le danger de la découverte doit faire, encore monter d'un cran notre degré de vigilance", dit Nouet.

"MONTER EN PUISSANCE"

Après une journée de repos, lundi, les Français enchaîneront leurs matches contre le Brésil puis l'Argentine, qu'ils viennent de battre deux fois.

"Ces deux équipes ont le même profil, un profil chiant : elles sont fougueuses. Alors attention, face à des fougueux, de ne pas perdre trop d'énergie pour les canaliser puis les dominer", prévient Nouet, professeur agrégé en sports de 56 ans.

La France y est parvenue cette semaine face à l'Argentine dans le cadre de sa courte préparation - "avec seulement cinq vraies séances de handball dans les pattes", précisait Claude Onesta.

Mardi soir, elle l'a emporté 27 à 20. Ce succès a permis de montré que son joueur vedette Nikola Karabatic, auteur de dix buts, avait du jus après avoir été écarté des parquets plusieurs semaines à cause de l'affaire des paris suspects.

La dernière rencontre de poule proposera aux "Experts" une équipe d'Allemagne "en pleine révolution, complètement transformée mais n'ayant certainement aucunement, perdu son savoir-faire en matière de handball", prévoit Nouet.

L'entraîneur se prépare donc à entrer "dans une poule où j'aurais préféré avoir un gros morceau afin de bien se régler avant un huitième de finale s'annonçant, quels que soient notre classement de poule et notre adversaire, très compliqué".

Comme Claude Onesta, il redoute "la différence de niveau entre les rencontres de poule et le huitième (de finale). D'un autre côté, si elle est bien utilisée, notre poule doit nous faire monter discrètement mais sûrement en puissance".

"Mieux, chaque rencontre au profil différent doit nous permettre d'ajuster les réglages dans tous les secteurs de jeu afin d'être fin prêt pour le huitième de finale, ligne de départ d'une tout autre compétition", conclut-il.

Pris dans un calendrier démentiel qui les fait enchaîner deux saisons "sans vraiment souffler et sans avoir le temps de s'entraîner suffisamment sous le maillot tricolore" selon Onesta, les Bleus restent quoi qu'il en soit les favoris de ce rendez-vous sur une terre de handball.

Ils espèrent ajouter un troisième titre mondial d'affilée à un palmarès qu'Onesta juge lui-même "surréaliste".

Edité par Gregory Blachier

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant