Handball: la FFHB refuse à juger sur "un dossier de presse"

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par Chrystel Boulet-Euchin

BOULOGNE-BILLANCOURT, Hauts-de-Seine (Reuters) - La Fédération française de handball (FFHB), qui s'est portée partie civile dans l'affaire des paris illicites, voire de match truqué qui frappe cette discipline, a obtenu vendredi le dossier d'instruction qu'elle qualifie de "dossier de presse".

A l'issue de l'assemblée générale de la FFHB qui a vu la samedi la réélection à l'unanimité de son président Joël Delplanque, Jacky Bettenfeld, vice-président chargé des questions juridiques, a expliqué à Reuters ce dont disposait aujourd'hui l'instance dirigeante.

"On a effectivement eu au accès au dossier et dans ce dossier, il n'y a rien d'autre que ce qui a déjà été rendu public. Il y est bien question des mises en examen pour escroquerie (match truqué, donc relevant du pénal-NDLR) et pour paris illicites, ce qui relève de la faute sportive", a dit l'avocat.

"Il ne faut préjuger de rien mais si, les fait sont avérés, il faut les condamner."

Concernant notamment Nikola Karabatic, figure emblématique des Bleus, double champion olympique, du monde et d'Europe, Jacky Bettenfeld regrette le sort qui lui a été fait.

"Quand il a été fusillé médiatiquement, on ne savait rien, on n'avait pas de dossier. Le dossier que nous avons aujourd'hui est une compilation de ce qui est paru dans les médias", a-t-il répété, rappelant à l'envi la présomption d'innocence qui n'a pas été respectée.

"Nous serons fermes s'il faut l'être mais je refuse de juger sur un dossier de presse. Chacun exercera ensuite ses responsabilités."

Le spécialiste des questions juridiques a précisé qu'une instruction pouvait prendre deux à trois ans au terme desquels on verra si les présumés innocents sont renvoyés devant un tribunal ou s'ils bénéficient d'un non-lieu.

"Et même s'ils sont renvoyés, ils ne sont toujours pas coupables", a-t-il ajouté.

Il n'en demeure pas moins que Nikola Karabatic, par exemple, est pour l'heure privé de toute sélection en équipe de France, et ce non par la décision du sélectionneur Claude Onesta.

Son contrôle judiciaire lui impose en effet l'interdiction de rencontrer les joueurs de Montpellier, club avec lequel il est toujours sous contrat et contre lequel les paris avaient été pris. Il s'agissait d'une rencontre de première division disputée le 12 juin contre Cesson-Sévigné, alors que le titre national était déjà acquis aux Héraultais.

Claude Onesta ne peut donc l'appeler chez les Bleus où d'autres Montpelliérains évoluent, sauf assouplissement de son contrôle judiciaire, ce qui a été demandé par ses avocats.

Edité par Jean-Loup Fiévet

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