Hamid Karzaï demande justice après la profanation du Coran

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NOUVELLES MANIFESTATIONS EN AFGHANISTAN POUR DÉNONCER LES PROFANATIONS DU CORAN
NOUVELLES MANIFESTATIONS EN AFGHANISTAN POUR DÉNONCER LES PROFANATIONS DU CORAN

par Mirwais Harooni

KABOUL (Reuters) - Le président Hamid Karzaï a sommé l'Otan de traduire en justice les auteurs de la profanation du Coran à l'origine des violences qui se sont poursuivies jeudi en Afghanistan, un soldat afghan tuant notamment deux soldats américains.

Le chef de l'Etat afghan a estimé que la profanation d'exemplaires du Coran était le produit de l'ignorance. S'exprimant devant des députés, Hamid Karzaï a précisé que le sacrilège avait été commis par un officier de l'armée américaine ignorant tout de l'importance du Coran dans la foi musulmane.

Il a réclamé que les auteurs de la profanation du livre saint de l'islam soient jugés devant des tribunaux civils. D'après un communiqué du service de la présidence afghane, l'Alliance atlantique aurait accepté la tenue de ce procès, mais l'information n'a pu être confirmée.

Le gouvernement américain et le commandement des forces de l'Otan en Afghanistan ont présenté des excuses après que des ouvriers agricoles ont retrouvé les restes calcinés de corans en ramassant les poubelles de la base aérienne de Bagram, située à environ une heure de voiture au nord de Kaboul.

A Washington, la Maison blanche a annoncé jeudi que Barack Obama avait adressé une lettre d'excuses à son homologue afghan dans laquelle le président américain écrit que la profanation n'était pas intentionnelle.

Cette flambée de violences, qui a fait onze morts depuis le début de la semaine, complique les efforts de l'Alliance atlantique en vue de nouer un accord stratégique à l'étude avec le gouvernement afghan pour une réduction plus importante de ses effectifs avant la date butoir de fin 2014.

RETOURNER LES ARMES

Jeudi, les taliban ont appelé les Afghans à prendre les armes contre l'armée "d'occupation".

"Notre peuple courageux doit viser les bases militaires des forces occupantes, leurs convois militaires", dit le porte-parole des taliban Zabihullah Muhajid dans un communiqué envoyé par courriel. Il faut "tuer (les Occidentaux), les frapper, les capturer pour leur passer l'envie d'oser à nouveau profaner le livre sacré", ajoute-t-il.

Un peu plus tard, les taliban ont appelé les membres des forces de sécurité afghanes à retourner leurs armes contre les soldats étrangers sous commandement de l'Otan. "L'Emirat islamique d'Afghanistan appelle tous les jeunes présents dans l'appareil de sécurité du régime de Kaboul à accomplir leur devoir religieux et national en retournant leurs armes contre les envahisseurs infidèles étrangers", dit un communiqué.

Pour la troisième journée consécutive, des milliers de manifestants se sont rassemblés dans plusieurs villes et régions aux cris de "A mort l'Amérique", saccageant des magasins, selon des journalistes de Reuters et des responsables afghans.

Dans une base de l'Est, dans la province de Nangarhar, un soldat afghan a ouvert le feu sur des militaires occidentaux, tuant deux Américains, dit-on de sources militaires.

"NOUS COMBATTONS L'OTAN"

Dans la province de Gaghlan (nord), habituellement peu sujette à des vagues de violences, des inconnus ont tué un contestataire et en ont blessé trois autres, et trois policiers ont été blessés, dit-on de sources hospitalières. On ignore qui sont les auteurs des coups de feu.

Toujours dans le Nord, dans la province de Faryab, environ 400 protestataires ont lancé des pierres et incendié des voitures sur une base commandée par des Norvégiens. L'ambassadeur de Norvège à Kaboul, Tore Hattrem, a indiqué à Reuters que les échauffourées n'avaient pas fait de victime.

A Kaboul, une manifestation regroupant environ 500 personnes a dégénéré. Des jeunes gens ont lancé des pierres sur les forces de l'ordre qui ont répliqué par des tirs en l'air.

Un jeune homme gisait sur le sol ensanglanté, un proche lui prétant secours. "Ministère de l'Intérieur ! Vous ne voyez pas que nous combattons l'Otan ?", a dit ce dernier.

De grandes manifestations se sont aussi tenues dans la province orientale de Laghman ainsi que dans la ville de Jalalabad dans l'est, malgré un appel au calme lancé par Karzaï.

Des rassemblements ont eu lieu en outre dans les provinces relativement calmes de Badakhshan et Takhar, situées dans le nord près de la frontière avec le Tadjikistan.

Des centaines d'étudiants de l'université de Jalalabad ont refusé tout accord stratégique avec les Etats-Unis avant le retrait prévu en 2014, affirmant qu'ils mèneraient une "guerre sainte" si un tel accord était signé.

Dans le quartier de Khoshi dans la province de Logar, 500 manifestants ont dénoncé un tel pacte tandis que des centaines de protestataires ont défilé dans la province de Khost en scandant "Nous ne voulons pas d'Américains en Afghanistan".

Avec Rafik Shirzad à Jalalabad et Amie Ferris-Rotman à Kaboul, Jean-Stéphane Brosse, Pierre Sérisier et Benjamin Massot pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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  • M1531771 le jeudi 23 fév 2012 à 19:24

    Comment ose t'il....? Lui et les autres de sont espèces qui s'attaquent et assassinent des Juifs et des Chrétiens dans le monde entier...!!!

  • M8637171 le jeudi 23 fév 2012 à 18:50

    des sectes et des sectaires! il faut être tolérant mais pas aveugle de temps de haine pour du papier!

  • chatnour le jeudi 23 fév 2012 à 18:42

    Comment il a dit l'autre ? des civilisations pas nécessairement égales ? Et on a osé le critiquer ? Bravo en tous cas pour sa clairvoyance !

  • M1900860 le jeudi 23 fév 2012 à 18:35

    Mais qu'on les laisse se dépatouiller dans leur mouise.