Haïti s'enfonce dans la crise, un homme lapidé par la foule

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 (Actualisé avec détails) 
    PORT-AU-PRINCE, 5 février (Reuters) - La tension s'est à 
nouveau accrue vendredi en Haïti où des bandes d'anciens 
militaires circulaient dans les rues de la capitale tandis qu'un 
homme a été lapidé, alors que le président sortant Michel 
Martelly s'apprête à quitter le pouvoir sans successeur. 
    Selon des journalistes de Reuters, la foule a attaqué un 
homme qui portait des vêtements de style militaire, l'accusant 
de faire partie de l'armée. Très impopulaire, elle a été 
dissoute en 1995. 
    "Nous sommes prêts à combattre les anciens militaires, ils 
nous ont tués en 2004, nous ne laisserons jamais cela se 
reproduire", a déclaré un manifestant de l'opposition, Wesner 
Morin, dans la bidonville de Bel Aire. 
    Le président Martelly doit quitter le pouvoir dimanche, mais 
les luttes intestines au sein de la classe politique n'ont pas 
permis la mise sur pied d'un gouvernement intérimaire, après le 
report sine die du second tour de la présidentielle dans un 
climat de violence et d'allégations de fraude au premier tour. 
    Cette crise a ranimé les divisions qui traversent la société 
haïtienne. Les manifestants de l'opposition appartenant aux 
classes pauvres réclament le retour de l'ancien président 
Jean-Bertrand Aristide renversé par un coup d'Etat en 2004 
tandis que les anciens miliciens soutiennent le camp Martelly. 
    Aristide avait démantelé l'armée en 1995 afin de mettre fin 
à l'influence des militaires sur la vie politique du pays depuis 
l'indépendance instaurée en 1804. 
    Martelly a redonné espoir aux anciens militaires l'an 
dernier en prenant des mesures visant à rétablir l'armée. Des 
groupes d'anciens miliciens ont défilé à bord de voitures dans 
les rues de Port-au-Prince vendredi brandissant des armes et 
tirant des coups de feu en l'air. 
    Michel Martelly a annoncé jeudi qu'il quitterait le pouvoir 
dimanche bien qu'il n'ait pas de successeur après le report le 
mois dernier de l'élection présidentielle en raison d'une fraude 
présumée. 
    La constitution haïtienne exige que Martelli quitte la 
présidence le 7 février et le pays risque de se retrouver sans 
chef d'Etat après l'annulation du scrutin sous la pression du 
candidat de l'opposition Jude Célestin. 
    L'opposition reproche au président sortant d'avoir tenté de 
favoriser celui qu'il entendait voir désigné comme son héritier, 
Jovenel Moïse. 
    Martelly dément toute malversation mais une évaluation 
indépendante du premier tour de la présidentielle tenu le 25 
octobre a montré que le scrutin avait été entaché 
d'irrégularités et s'interrogeait sur le recensement de quelque 
900.000 électeurs qui pouvaient voter dans le bureau de vote de 
leur choix. 
     
 
 (Joseph Guyler Delva et Frank Jack Daniel; Danielle Rouquié 
pour le service français) 
 
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