Haïti-Martelly annonce qu'il quittera la présidence dimanche

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    PORT-AU-PRINCE, 5 février (Reuters) - Le président haïtien, 
Michel Martelly, a annoncé jeudi qu'il quitterait le pouvoir 
dimanche bien qu'il n'ait pas de successeur après le report le 
mois dernier de l'élection présidentielle en raison d'une fraude 
présumée. 
    Le chef de l'Etat avait affirmé dans un premier temps qu'il 
entendait demeurer en fonction tant qu'un plan pour régler la 
question de sa succession n'avait pas été établi. 
    Cette annonce avait provoqué la colère de militants 
d'opposition qui défilent presque quotidiennement dans les rues 
de la capitale Port-au-Prince depuis deux semaines. 
    La constitution haïtienne exige que Martelli quitte la 
présidence dimanche et le pays risque de se retrouver sans chef 
d'Etat après l'annulation du scrutin sous la pression du 
candidat de l'opposition Jude Célestin. 
    "Je remercie tous ceux qui m'ont permis de servir. Le 7 
février, je m'en irai sans regret, sans envie et sans désir de 
me maintenir au pouvoir", a dit Michel Martelly lors de 
l'inauguration d'un siège du ministère de l'Intérieur remplaçant 
celui qui avait été détruit dans le tremblement de terre de 
janvier 2010. 
    L'opposition reproche au président sortant d'avoir tenté de 
favoriser celui qu'il entendait voir désigné comme son héritier, 
Jovenel Moïse. 
    Martelly dément toute malversation mais une évaluation 
indépendante du premier tour de la présidentielle tenu le 25 
octobre a montré que le scrutin avait été entaché 
d'irrégularités et s'interrogeait sur le recensement de quelque 
900.000 électeurs qui pouvaient voter dans le bureau de vote de 
leur choix. 
    Plus de 2.000 manifestants ont défilé devant le parlement 
pour demander que l'ancien président Jean-Bertrand Aristide, 
renversé par un coup d'Etat en 2004, dirige un gouvernement de 
transition. 
    Jude Célestin et plusieurs autres candidats de l'opposition 
souhaitent, eux, que ce gouvernement de transition soit conduit 
par un juge de la Cour suprême. 
    Une délégation envoyée par l'Organisation des Etats 
américains (OEA) a été reçue dimanche à Port-au-Prince par 
Michel Martelly afin de tenter de sortir de l'impasse politique. 
     
     
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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