Haïti attend les résultats du premier tour de la présidentielle

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 (Actualisé avec précisions relatives aux résultats) 
    par Makini Brice 
    LES CAYES, Haïti, 21 novembre (Reuters) - Les Haïtiens ont 
voté dimanche dans des conditions difficiles pour désigner un 
nouveau président qui sera chargé de redresser l'économie d'un 
pays dévasté par le passage de l'ouragan Matthew et en proie à 
l'instabilité politique. 
    Les informations sur le candidat en tête sont 
contradictoires. Selon certaines informations, le candidat 
soutenu par le dernier président haïtien, Michel Martelly, 
serait en tête selon les premiers décomptes. Mais le parti d'un 
autre ancien président, Jean-Bertrand Aristide, a déclaré que 
son poulain était bien parti pour l'emporter. 
    Les premiers résultats provisoires ne devraient pas être 
connus avant lundi, ont indiqué les responsables électoraux. 
    Le scrutin s'était tenu une première fois le 25 octobre 2015 
avant d'être invalidé sur des soupçons de fraude. Il a ensuite 
été prévu le mois dernier puis une nouvelle fois reporté après 
le passage de la tempête qui a fait un millier de morts, détruit 
les récoltes et provoqué une épidémie de choléra. 
    Un certain nombre de cas de fraude ont à nouveau été 
signalés, bien que, selon les observateurs, le scrutin se soit 
dans l'ensemble déroulé plus sereinement qu'en 2015. 
    Selon certaines informations en provenance des bureaux de 
vote diffusées par les radios, Jovenel Moïse, chef d'entreprise 
peu expérimenté en politique qui se présente sous la bannière du 
parti Tèt Kale ("Tête chauve") de Michel Martelly, serait en 
tête et pourrait l'emporter dès le premier tour.  
    Il est en passe de remporter 64% des suffrages, selon Calvin 
Cadet, un ancien du ministère des Communications sous Martelly. 
    Toutefois, le parti Lavalas de Jean-Bertrand Aristide, 
estime que sa candidate Maryse Narcisse, médecin, a la majorité. 
    Les autres candidats en vue sont Jude Célestin, directeur 
d'une entreprise publique de BTP et Moïse Jean-Charles, un 
ancien sénateur.  
    A Port-au-Prince et dans d'autres communes, certains 
électeurs se sont plaints de n'avoir pu déposer leur bulletin 
dans l'urne parce que leur nom ne figurait pas sur les listes 
affichées dans les bureaux de vote.  
    D'autres ont expliqué qu'au moment de voter, il leur avait 
été dit que quelqu'un l'avait déjà fait pour eux. 
    Le président du conseil électoral Leopold Berlanger, tout en 
se disant satisfait du déroulement des opérations, a toutefois 
souligné qu'il y avait eu un certain nombre d'arrestations et 
une tentative de mettre le feu à un bureau de vote dans le 
secteur de Marigot, dans le sud-est d'Haïti.  
     
    ARRESTATIONS 
    Vingt-sept candidats étaient en lice pour succéder au 
président sortant, Michel Martelly, qui a quitté ses fonctions 
au mois de février. Un président intérimaire, Jocelerme Privert, 
a été désigné tandis qu'un gouvernement, conduit par l'ancien 
gouverneur de la banque centrale Fritz Alphonse Jean, était 
chargé d'organiser une nouvelle élection. 
    Celle-ci devait se tenir le 9 octobre mais le passage de 
Matthew a obligé les autorités à décider un nouveau report. 
    Pour assurer la sécurité dans un pays où les consultations 
électorales se déroulent souvent dans la violence, 13.000 
policiers d'Haïti et des Nations unies avaient été mobilisés. 
Selon un bilan communiqué par la police, 43 personnes ont été 
arrêtées pour ingérence dans le processus électoral. 
    Selon le ministre de la Justice Camille Edouard, "une 
dizaine" de personnes ont été arrêtées dimanche matin. Toutefois 
l'OCID, un groupe d'observateurs, a déclaré qu'après les 
premières constatations, la plupart des bureaux de vote 
fonctionnaient normalement et que le nombre de plaintes 
enregistrées à ce stade représentaient moins d'un quart de 
celles enregistrées à la même heure en octobre 2015. 
    Pour être élu au premier tour, un candidat doit obtenir plus 
de 50% des suffrages ou disposer d'une avance de plus de 25 
points sur le candidat arrivé en deuxième position. 
    A défaut, les deux meilleurs prétendants s'affronteront lors 
d'un second tour prévu le 29 janvier. Le vainqueur devrait 
prendre ses fonctions en février. 
 
 (Avec Joseph Guyler Delva à Port-au-Prince; Pierre Sérisier, 
Gilles Trequesser et Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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