Habiter un quartier sensible vous pénalise même sur le web

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Avoir une adresse dans quartier «défavorisé» est également discriminant pour des actions aussi anodines que vendre un téléphone sur un site de petites annonces.

Devriez-vous dissimuler votre adresse sur le web si vous habitez un quartier défavorisé ou mal famé? Les discriminations existent déjà - de nombreuses études ayant été faites sur le sujet - dans de nombreux contextes pour les habitants de quartiers dits «difficiles»: logement, éducation, emploi... Le Figaro mentionnait d’ailleurs une étude démontrant qu’un CV pourvu d’une «bonne» adresse multiplie par trois les chances de décrocher un entretien!

Là, nous allons encore plus loin: une étude réalisée par des chercheurs de la New York University explique dans quelle mesure habiter un quartier pauvre et/ou à mauvaise réputation peut désavantager les habitants de ces quartiers y compris sur le web! Et ce, même pour des actions quotidiennes aussi simples que vendre un téléphone d’occasion sur Internet. Exemple significatif: en postant sur un site de petites annonces environ 600 annonces similaires pour vendre un iPhone dans douze villes américaines pendant un an, les chercheurs ont découvert qu’un vendeur fictif habitant dans un quartier défavorisé recevait 16% de réponses en moins. Cette tendance s’accentue quand le quartier est habité en majorité par des noirs, peut-on lire dans le Washington Post, qui s’est procuré l’étude.

Le web n’efface pas la distance entre les communautés

Quelles conclusions tirer de cette étude? L’avis des chercheurs est sans appel. Les résultats obtenus démontrent que le quartier où l’on habite physiquement a toute son importance dans l’espace virtuel qu’est internet. Surtout si ce quartier renvoie des connotations négatives liées à l’origine ethnique et à la pauvreté. «Nous aimons penser qu’Internet pourrait égaliser, effacer la distance entre les communautés ségréguées spatialement dans le monde réel, que cet anonymat peut surpasser les différences de race et de classe sociale», peut-on lire dans le Washington Post. Il semble que les choses ne soient pas si simples.

Dans une étude comparable, le site Slate mentionne un article réalisé par la même journaliste du Washington Post, qui expliquait comment la surcouche de données numériques pouvait renforcer les inégalités géographiques et comment un territoire peut se retrouver marginalisé simplement parce qu’il ne comporte aucune données géolocalisées.

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