Habiter, légalement, dans un bureau ou un entrepôt

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Afin de protéger des locaux vides, une société propose d'y installer des occupants temporaires. Le confort est spartiate mais la surface généreuse et cela ne peut coûter plus de 200 euros par mois aux occupants.

Les bâtiments vacants, c'est la hantise des propriétaires immobiliers. Pour éviter les problèmes de squat ou de dégradation des lieux (dégâts des eaux non signalé, usure, etc.), les Pays-Bas disposent depuis longtemps de sociétés spécialisées dans la gestion de locaux vacants. L'une d'elles, Camelot Property, présente dans cinq pays d'Europe, veut s'implanter en France après une première tentative avortée en 2008. Camelot France compte ainsi loger de façon temporaire des particuliers dans les premiers locaux qui lui ont été confiés: des bureaux proches de Caen, une plate-forme logistique dans le Val-d'Oise et une maison de retraite désaffectée dans les Yvelines. A terme, elle compte aussi ajouter à son stock des bâtiments publics ou des châteaux comme c'est le cas en Grande-Bretagne.

De 50 m² à 350 m²

Une formule rendue possible par l'adoption de l'article 101 de la loi Boutin, qui permet à titre expérimental (jusqu'à fin 2013 pour l'instant) de déroger au droit commun du logement. Ce texte permet d'installer dans des locaux vides des occupants pour un minimum de trois mois, avec au moins un mois de préavis avant de quitter les lieux. Pour rendre les sites habitables, Camelot doit tout d'abord obtenir une autorisation préfectorale (les premières demandes sont actuellement en cours d'instruction). Il ne reste alors à la société qu'à installer au moins une douche pour 5 occupants. Pour la cuisine, à eux de se débrouiller avec des plaques électriques notamment. Le confort est certes souvent spartiate, mais la redevance demandée aux occupants (on ne parle pas ici de loyer) ne peut dépasser 200 € par mois, selon la loi. Quant aux surfaces par personne, elles laissent rêveur: en général elles démarrent autour de 50 m2 et peuvent atteindre 350 m2, comme ce devrait être le cas pour un occupant des bureaux dans la région de Caen qui disposera d'un étage à lui seul. De son côté, la société Camelot s'engage vis-à-vis des propriétaires à inspecter régulièrement les lieux. Elle encaissera les redevances auprès des occupants et facture des frais fixes, entre 500 et 3000 € par mois, selon l'importance et la situation des locaux, aux propriétaires.

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