H&M vous apprend à mieux laver votre linge

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Le géant suédois de la mode espère généraliser à l'ensemble de l'industrie son système d'étiquetage des vêtements pour un entretien plus écologique, lancé l'an dernier lors du congrès mondial de la mode durable.

Les grandes marques suédoises aiment décidément s'immiscer dans notre quotidien. À l'instar d'Ikea, l'enseigne d'ameublement qui sensibilise ses clients au tri sélectif et autres comportements plus économes dans le cadre de son projet «Durable et Vous», H&M a décidé d'aider les consommateurs à mieux laver leur linge. «Le lavage, le séchage et le repassage d'un vêtement représentent 36 % de l'impact environnemental total qu'il aura pendant sa durée de vie!» indique le géant de l'habillement dans une page dédiée au lavage éco-responsable sur son site Internet. «Ce pourcentage peut quasiment être réduit de moitié en faisant des choix judicieux.»

L'an dernier, lors de l'édition 2014 du Copenhaguen Fashion Summit, la grand-messe du secteur de la mode éthique, H&M a lancé son programme Clevercare dont le but est de réduire l'impact écologique de l'entretien de notre garde-robe. Par exemple, «en les lavant moins souvent (nos vêtements, ndlr) à des températures plus basses, en les repassant moins et en évitant le sèche-linge».

Concrètement, ce programme s'appuie sur un nouvel étiquetage des articles textiles de la marque suédoise. Le symbole Clevercare - un tournesol bleu - figurant sur cette étiquette a été développé en partenariat avec le Groupement international d'étiquetage pour l'entretien des textiles (Ginetex), l'organisme qui a établi le système international de symboles d'entretien le plus répandu sur les produits textiles. «Ce logo signale au consommateur qu'il existe des astuces d'éco-entretien pour ces vêtements», résume Pascale Florant, secrétaire générale du Cofreet, le comité français membre du Ginetex. «Ainsi, lorsqu'il est écrit sur un vêtement qu'il se lave à 40 degrès, la présence du logo signifie qu'un lavage à 30 est aussi possible quand cet article a été porté qu'une fois ou s'il n'est pas trop sale.»

Toutes ces astuces sont centralisées sur un site dédié à l'initiative, clevercare.info. Du lavage au repassage, en passant par le séchage et même le nettoyage professionnel, des fiches pratiques égrennent, illustrations à l'appui, des constats factuels - comme «passer de 60° à 30° ou de chaud à froid peut réduire jusque de moitié la consommation d'énergie» ou «en lavant vos vêtements à la main, vous économisez de l'énergie, vos textiles gardent leur forme initiale et ont une durée de vie plus longue» - suivis de recommandations pour parvenir à certains objectifs: «Pensez à mettre votre vêtement sec dans votre salle de bain lorsque vous vous douchez. La vapeur d'eau dégagée lissera les plis», peut-on lire, par exemple, dans la rubrique «repassage».

Clevercare est l'une des nombreuses déclinaisons du programme plus global de développement durable déployé par H&M «depuis les années 1990», rappelle Catarina Midby, conseillère en charge des collections durables du groupe. Après avoir restreint son utilisation de certains produits chimiques, développé un système de mesure de l'impact environnemental des pièces textiles et lancé les fameuses lignes «Conscious Collection» de vêtements faits à partir de fibres biologiques, H&M - pourtant le champion de la fast-fashion - veut servir de locomotive au reste de l'industrie pour allonger la durée de vie des vêtements. «Le nouvel étiquetage peut-être utilisé par chaque enseigne qui le souhaitera et nous les encourageons à l'adopter», souligne Catarina Midby.

Pour l'heure, seules quelques marques membres de la Sustainable Apparel Coalition - un groupe impliqué dans des actions environnementales et sociales et pesant pour plus d'un tiers du secteur de l'habillement et des chaussures - ont signalé leur intention de rejoindre le programme Clevercare: Esprit, Levi Strauss & Co, Patagonia ou encore la société de Stella McCartney en font partie.

Les Français suivent les consignes des étiquettes d'entretien... quand ils ne les coupent pas!

Les Français sont très sensibles aux étiquettes d'entretien des vêtements qu'ils achètent. C'est ce que révèle un sondage Ipsos* pour le Comité français de l'étiquetage pour l'entretien des textiles (Cofreet), le bras armé du Ginetex en France, dévoilé en début d'année. Aujourd'hui, 78% des consommateurs suivent les conseils d'entretien présents sur ces étiquettes, et 73% admettent qu'ils n'achètent pas, ou alors rarement, des vêtements sans étiquette. Plusieurs raisons les incitent à respecter les consignes: éviter les problèmes de lavage comme le rétrécissement ou la décoloration (35%), conserver les vêtements plus longtemps (29%) et entretenir correctement leur linge (21%). Paradoxalement, pourtant, «les symboles (...) semblent tellement ancrés dans les moeurs que les consommateurs ont parfois tendance à oublier à quoi ils correspondent», relève le Cofreet. Autre ironie: «les Français jugent cette même étiquette un peu trop encombrante et avouent à 70% la couper pour divers motifs tels que les irritations (76 %) et les gênes occasionnées (68 %) lors du port du vêtement.»

* Dans le cadre de cette étude, un échantillon de 1000 personnes âgées de 18 à 65 ans issu de l'Access Panel Online France d'Ipsos et représentatif de la population française a été interrogé. L'enquête a été menée en ligne du 29 juillet au 1er août 2014.

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  • cresus57 le vendredi 17 juil 2015 à 14:03

    "Ainsi, lorsqu'il est écrit sur un vêtement qu'il se lave à 40 degrès, la présence du logo signifie qu'un lavage à 30 est aussi possible quand cet article a été porté qu'une fois ou s'il n'est pas trop sale."Ou comment réinventer l'eau tiède (c'est le cas de le dire) pour faire de la com.