H.Chavancy : " Un club que j'adore détester... "

le
0
H.Chavancy : " Un club que j'adore détester... "
H.Chavancy : " Un club que j'adore détester... "
Avant de rencontrer le Stade Français samedi en Top 14, Henry Chavancy, le trois-quarts centre du Racing-Métro, revient en exclusivité sur les aspects de ce derby francilien. Un match décidément pas comme les autres pour celui qui évolue en Ciel et Blanc depuis sa plus tendre enfance.

Henry Chavancy, vous vous apprêtez à jouer un nouveau derby samedi face au Stade Français (16h35, 9eme journée du Top 14). Peut-on dire que c'est un match particulier ?
Oui, on ne peut raisonnablement pas le nier. Depuis qu'on est remontés en Top 14, on a eu la chance de vivre de beaux derbys donc cela amène encore plus d'excitation pour celui-ci. En plus, les deux équipes sont bien classées : nous sommes troisièmes et eux sixièmes, à seulement un point. J'ai vraiment hâte d'être samedi. Indéniablement ces matchs mettent du piment à la saison.

On ne peut toutefois pas parler de véritable détestation entre les deux clubs...
Le match est particulier pour les joueurs et les dirigeants des deux clubs, mais il y a aussi beaucoup de personnes que j'apprécie au Stade Français. J'ai beaucoup de respect pour cette équipe et il n'y a pas de haine à proprement parler. Après, c'est aussi un club que j'adore détester... Depuis tout jeune, je joue des derbys contre eux. Mais c'est une rencontre qui rapporte le même nombre de points que les autres. Elle n'est pas encore décisive dans l'optique de la qualification pour les play-offs...

Quel est votre meilleur souvenir contre le Stade Français ?
Disons que j'en ai un certain nombre dans la mesure où on a eu la chance de pas mal les battre ces dernières années. Maintenant si je dois en ressortir un en particulier, je dirais la partie de l'année dernière où on est allé l'emporter à Jean-Bouin, chez eux. C'était alors leur première défaite de la saison et on était particulièrement satisfaits. A partir de là, on a basculé sur une dynamique très positive. On s'est installé dans les six premières places qualificatives pour les play-offs, quand eux ont un peu perdu pied en Top 14. Donc pour le Racing cela reste un très bon souvenir.

« La rivalité est plus exacerbée dans les catégories de jeunes »

Et si vous deviez maintenant vous remémorer le pire...
Les pires souvenirs remontent surtout à l'époque des catégories de jeunes. La rivalité y est sans doute encore plus exacerbée qu'en équipe première. A chaque fois qu'on perdait un derby c'était toujours un drame.

Aujourd'hui, est-ce juste de dire que le Stade Français est un peu plus « paillette » et le Racing discret ?
Je ne sais pas. Avec un peu de mémoire, on peut aussi se rappeler des années « showbiz » du Racing et c'était alors l'inverse. Je pense surtout que les deux équipes travaillent bien, avec des projets ambitieux. Ce sont deux très beaux clubs. Les comparaisons, je ne m'aventure pas trop à en faire.

Est-ce une véritable chance pour le rugby français d'avoir deux clubs performants à Paris, selon vous ?
Bien sûr. Il y a la place pour deux grosses équipes voire même d'avantage encore. On voit notamment Massy, en Pro D2, qui monte en puissance. C'est une fierté que ces deux équipes puissent porter haut les couleurs de la capitale. Je pense que la saine rivalité qui existe entre les Stadistes et les Racingmen tire tout le monde vers le haut. C'est même très constructif. Après avoir connu des formes différentes ces dernières décennies, on peut dire que les deux formations sont aujourd'hui au même niveau, malgré le léger ascendant qu'on a pris depuis notre remontée en Top 14.

« Faire toute sa carrière dans un club, c'est une fierté »

Comment jugez-vous le début de saison de votre équipe ?
Je pense que c'est plutôt intéressant. On avait à coeur de rester invaincus à domicile, ce que l'on a fait jusqu'à présent. Les deux points de bonus offensifs que l'on a glanés sont aussi très positifs. L'année dernière, on avait mis bien plus de temps à les obtenir. La victoire pour la première journée de championnat, à Montpellier (19-16), a aussi fait beaucoup de bien. Tous les voyants sont au vert. Il faut maintenant continuer sur cette dynamique, sans trop de pression puisque le Stade Français sera favori à domicile ce week-end.

Vous semblez aussi avoir plus de repères cette année...
Le vécu commun commence à porter ses fruits. La saison passée, beaucoup de nouveaux joueurs ont du s'adapter en début de championnat. Cet été, il y a eu relativement peu d'arrivées et le staff a été en mesure de travailler dans la continuité. Cela porte ses fruits sur le terrain.

Pour vous qui avez fait toutes vos classes avec le Racing, que représenterait le fait de gagner le Bouclier de Brennus dans ce club ?
Ni plus ni moins un rêve de gosse ! Gagner ce championnat mais surtout avec ce maillot sur les épaules, c'est tout le mal que je me souhaite. J'ai commencé au Racing tout petit et avec un peu de chance puisque ce sont des amis qui m'y ont amené par hasard. J'ai ensuite évolué avec le club. Ma première année en professionnel, c'est quand le président Jacky Lorenzetti est arrivé. Avant les jeunes issus du club n'avaient pas forcément la possibilité d'évoluer dans l'élite. Tout en sachant saisir ma chance, j'ai aussi surfé sur cette vague. Je suis fier de ce parcours. Faire toute sa carrière au sein du même club est rare et j'espère que cela va continuer !

« Signer au Stade Français ? J'en doute, mais il ne faut jamais dire jamais ! »

Vous définiriez-vous comme l'un des symboles de cette équipe ?
Je n'ai pas du tout cette prétention là. Symbole, c'est un bien grand mot. Après, je pense que certaines personnes peuvent avoir du respect pour moi dans la mesure où j'ai su rester au club au gré des différents mouvements. Donc un symbole non, mais une personne pour qui on peut avoir un certain respect peut-être... C'est aux autres qu'il faut le demander. Disons aussi que je connais parfaitement le club et ses composantes, donc quand je peux faciliter l'intégration d'un joueur au sein de l'équipe, je le fais avec grand plaisir.

Etes-vous en mesure d'imaginer un avenir ailleurs qu'au Racing ?
On peut tout imaginer dans l'absolu. J'aurais sans doute un peu de mal à jouer pour le Stade Français. Mais après, comme on dit, il ne faut jamais dire jamais... Des joueurs l'ont déjà fait. Il n'y a pas de frontières, pas de mur de Berlin entre les deux clubs. Donc pourquoi pas, même si cela m'étonnerait beaucoup. Je suis très content d'être au Racing et je ne changerais de club pour rien au monde !

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant