Guyenne et Gascogne en discussions avec Carrefour

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par Dominique Vidalon

PARIS (Reuters) - Guyenne et Gascogne, principal franchisé de l'enseigne Carrefour sur le marché français, a déclaré mercredi être en discussions avec le géant de la distribution sur des sujets incluant d'éventuels "prolongements capitalistiques" alors que la presse évoque un rachat pur et simple.

A la Bourse de Paris, l'action Guyenne et Gascogne affichait en début de séance la plus forte hausse du SRD, gagnant plus de 10%.

Selon Le Figaro, Carrefour étudie le lancement d'une offre publique d'échange sur Guyenne et Gascogne dans le cadre d'une opération amicale.

"On est toujours en discussions avec Carrefour sur des tas de sujets", a déclaré à Reuters Bertrand de Montesquiou, le président du conseil d'administration de Guyenne et Gascogne.

"Il y a un conseil en cours chez Carrefour ce matin. Peut-être y aura-t-il une éventuelle proposition après?", a-t-il ajouté. "On reste à l'écoute et le conseil (de Guyenne et Gascogne) décidera."

Le principal actionnaire de Guyenne et Gascogne est la famille Beau, qui détient 21,32% du capital et 33,11% des droits de vote. Elle est liée par un pacte d'actionnaires qui expirera le 15 décembre, a précisé Bertrand de Montesquiou.

"SERPENT DE MER"

Guyenne et Gascogne exploite directement six hypermarchés Carrefour et 27 supermarchés Carrefour Market dans le sud-ouest de la France. Il est parallèlement associé à 50-50 avec Carrefour dans Sogara, qui exploite 13 hypermarchés et possède 8,32% de la filiale espagnole de Carrefour.

La société mère a réalisé un chiffre d'affaires de 337,1 millions d'euros sur les neuf premiers mois de l'année, Sogara un CA de 940,5 millions.

"Avec Carrefour, a expliqué Bertrand de Montesquiou, les discussions portent sur les contrats d'enseigne et d'approvisionnement, les relations dans notre filiale Sogara et éventuellement des prolongements capitalistiques."

Interrogé par Reuters, Carrefour n'a pas souhaité faire de commentaires.

Le titre Guyenne et Gascogne affichait vers 10h15 un bond de 11,04% à 90,50 euros, valorisant le groupe autour de 600 millions d'euros. Au même moment, Carrefour cédait 0,76% à 18,86 euros.

"C'est un peu un serpent de mer cette opération", commente un analyste basé à Paris. "Mais globalement, si elle va à son terme, c'est plutôt une opération saine car il est logique pour Carrefour d'intégrer son principal franchisé en France."

"Pour une fois, il s'agit d'une opération purement industrielle et non d'une opération financière", ajoute-t-il.

CM-CIC Securities, en intégrant une prime de 15 à 20% dans le cas d'une OPE, estime qu'une parité d'échanges de cinq actions Carrefour pour un titre Guyenne et Gascogne équivaudrait à une valorisation implicite de 95 euros par action, proche de l'actif net réévalué de la société.

Pour CA Cheuvreux toutefois, "étant donné le manque de visibilité sur Carrefour, une offre en cash serait nettement préférable à une offre payée en actions Carrefour".

L'intermédiaire estime dans une note que l'impact d'une telle opération sur les profits de Carrefour serait neutre à moins de 105 euros par action Guyenne et légèrement dilutive au-delà.

Avec Alexandre Boksenbaum-Granier et Marc Angrand, édité par Jean-Michel Bélot

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