Guy Novès : " Pas de frilosité "

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Guy Novès : " Pas de frilosité "
Guy Novès : " Pas de frilosité "

Une semaine après la défaite contre l'Ecosse, Guy Novès n'a opéré que deux changements pour affronter l'Angleterre samedi à Paris. Le manager des Bleus attend évidemment une réaction de son équipe.

Guy Novès, vous n’avez opéré que deux changements dans cette équipe de France. Pourquoi ?
Il y a eu de la stabilité tout au long du Tournoi. On était partie sur le fait d’évaluer l’ensemble du groupe. Pour nous, c’est une forme de stabilité. Maintenant, le fait d’avoir peu de temps, un jour de moins, il semble cohérent de ne pas tout changer. On avait aussi de très bonnes choses. On sent les progrès et on veut les voir. Il y a eu deux changements à un poste bien précis, le décathlonien du rugby, le troisième ligne, qui a besoin d’une énorme fraîcheur. Dans ce secteur-là, les Anglais sont fournis et présentent des qualités physiques indéniables. Tous ces facteurs ont fait que le groupe est sensiblement le même. Le seul qu’on voulait intégrer, c’est Bernard Le Roux, qui n’a été pas dans le groupe depuis le début du Tournoi (ndlr : le Racingman était absent lors deux premiers matchs pour cause de mariage le jour de France-Irlande).

Les commentaires issus des deux défaites face au pays de Galles et l'Ecosse sont-elles des leviers parfaits pour préparer un match ?
Les questions qui viennent de l’extérieur, honnêtement, je m’en moque un peu. Ce n’est pas ce qui anime mes journées et celles du staff. L’adversité des Anglais est évidente. Les Ecossais ont été des adversaires de grandes qualités, comme les Gallois, les Irlandais et les Italiens. Il faut surtout prendre conscience que les Anglais ont tout gagné, sont fidèles à leur statut, c’est-à-dire des joueurs puissants, orgueilleux, formés avec un travail admirable. Il semblerait que les Anglais soient un poil au-dessus des quatre autres nations. Avec un jour de moins, ce n’est jamais facile à préparer. Les joueurs ont quand même été conscients des difficultés, que ce soit contre les Italiens après un jour et demi de travail, contre les Irlandais, une des meilleures nations européennes et les Gallois qui sont, je crois, la quatrième meilleure nation mondiale. Les Ecossais, au moins au niveau des médias, paraissaient à notre portée, et je crois qu’ils l’étaient. Indiscutablement, les Anglais sont devant. Expliquer aux joueurs qu’il va falloir se préparer veut dire que nous n’avons pas fait notre boulot sur les quatre premiers matchs.

Sentez-vous de la peur ou de l’appréhension au sein de votre groupe ?
Non, il n’y a ni peur ni appréhension. Les mecs vont rentrer sur le terrain avec la ferme envie de défendre, plaquer, jouer le ballon, d’avancer, de jouer au rugby tout simplement. Pour moi, il y a de la peur quand l’un d’entre nous n’est pas bien et malade. Là, nous sommes impuissants devant ça. On l’a vu avec le départ de M. Kampf. Quand on a la chance d’être en bonne santé, de rentrer sur un terrain et de représenter l’équipe de France, je ne pense pas que l’on puisse se permettre d’avoir peur, sinon on va faire un autre métier.

Vous avez dit vouloir rester fidèle à votre jeu, c’est-à-dire faire beaucoup bouger le ballon. Mais ce craignez-vous pas que les joueurs se brident après les nombreuses fautes de la semaine passée ?
Non, que ce soit pour Jeff (Dubois), Yannick (Bru), moi-même ou Gérald (Bastide) qui s’occupe de la défense, il n’y a pas de risque par rapport à cela. Il n’y a pas de frilosité. Je pense que les joueurs savent que le chemin - qui est très long je pense - est à parcourir ensemble. Cela passera par ça. Si on rentre dans ce projet-là, si on en a les qualités, on reste sur le groupe et ce chemin. Nous, on considère que les prochaines années, pour pouvoir rivaliser, il faut rester sur cette dynamique et cette philosophie-là. La semaine dernière, on aurait bien aimé qu’il y ait beaucoup plus de passes mais certaines d’entre-elles ont été à un certain moment stoppés par des maladresses trop faciles à éviter. On va rester fidèle à ça pour pouvoir progresser.

Plusieurs fois ce matin (jeudi), vous avez évoqué avec le sourire votre âge (62 ans). Est-ce en raison de certains commentaires dans la presse ?
Honnêtement non. J’en souris et ça m’amuse un peu. Si certains s’amusent, moi aussi…

L’enjeu de ce match est-il simplement comptable ?
Pour nous, l’enjeu, c’est de savoir si à la fin du match - gagné ou perdu - on a progressé sur ce qu’on avait envie de mettre sur le terrain et si on peut se servir de ce mach comme socle et continuer à avancer. Est-ce que nous sommes très faibles dans ce secteur-là ? Comment pouvoir y remédier ? Est-ce que les joueurs ont été au niveau ? C’est ça qui nous intéresse, notre niveau de jeu en étant évalué face aux meilleurs européens. Ils ont gagné le Tournoi et vont jouer le Grand Chelem. C’est super de pouvoir voir l’équipe de France réellement sur cette fin de Tournoi, après un premier Tournoi, après quelques jours de préparation parce qu’une semaine c’est deux jours réels de préparation parce qu’il y a de la récupération et ensuite de la récupération avant le match. Quatre matchs, ça fait huit jours de travail. En huit jours de travail réel, qu’est-ce que nous avons été capables de faire ?

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