Guy Novès : " Donner la possibilité à tous de s'exprimer "

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En conférence de presse, Guy Novès a justifié ses choix en vue du match du XV de France au pays de Galles vendredi. Entre la volonté de voir à l'oeuvre un maximum de joueurs et celle d'en ménager certains, le sélectionneur des Bleus confirme avoir une ligne directrice.

Guy Novès, en deuxième ligne, vous avez remplacé Yoann Maestri par Paul Jedrasiak. Pourquoi avoir fait un tel choix pour affronter le pays de Galles ?
Le premier match, Alexandre Flanquart a été remplaçant. Au second match, Paul Jedrasiak était remplaçant. Aujourd’hui, c’est Yoann Maestri. Il n’y a pas d’explication particulière, il fait des matchs corrects comme Paul et Alexandre. Nous voulons faire vivre le groupe de manière à ce qu’il y ait la possibilité pour tous de s’exprimer quel que soit le contexte. Dans le détail, Yoann sait ce qu’on attend de lui.

A peine arrivé, vous titularisez Djibril Camara. Qu’attendez-vous de lui pour sa première sélection ?
Qu’est-ce que j’attends de Djibril ? J’attends d’abord de lui qu’il ne soit pas impressionné par le contexte parce que, visiblement, le contexte est quand même particulier ici. J’attends de lui qu’il donne le meilleur sur le terrain, qu’il amène sa jeunesse, son envie, ce qu’on demande à un jeune joueur qui va jouer pour la première fois pour l’équipe de France. Il n’y a pas de pression particulière le concernant. On attend de lui qu’il utilise ses qualités en étant bien conscient qu’il fera surement des fautes puisque, encore une fois, l’adversaire est quand même d’un grand calibre.

La préparation de ce match est marquée par une semaine très courte pour travailler. Comment vous êtes-vous adapté à cette contrainte ?
On le savait, on s’est adaptés, on a travaillé beaucoup plus sur la récupération. On a évidemment passé moins de temps sur le terrain, Guilhem (Guirado) particulièrement. On ne s’est pas retourné sur ce qu’on ne pouvait pas faire, on a surtout essayé de se concentrer sur le détail. Ce qui a été le plus dur, c’est le fait d’avoir lâché les joueurs, qui ont été obligés de se concentrer dans leurs différents clubs puis les reconcentrer pour les remobiliser pour venir faire un match de ce niveau. C’est vrai que le fait d’être venus ce soir (mercredi) nous permettra, je l’espère, d’entrer petit à petit dans l’atmosphère d’un match du Tournoi des VI Nations. Les joueurs français ont quand même joué, ou pas, ou peu, ou beaucoup, la majorité très peu, ils ont quand même basculé dans le championnat. Il fallait en tenir compte, on a beaucoup travaillé sur la récupération et on espère que les deux matchs qu’on a pu réaliser jusqu’à présent vont nous servir pour éviter les pièges qu’on a rencontrés.

Burban, l’arme anti-Gallois

Après avoir titularisé Sébastien Bézy lors des deux premiers matchs, vous faites confiance à Maxime Machenaud face au pays de Galles ? Est-ce pour le récompenser de sa bonne entrée face à l’Irlande ?
C’est un tout. Il est entré en cours de match sur les deux premières journées, il a eu un comportement parfait, il fait une bonne rentrée effectivement. Donc, pour faire vivre le groupe de l’intérieur, il était nécessaire de récompenser ce joueur comme Sébastien (Bézy) a été récompensé sur les deux premiers matchs. Il faut maintenant souhaiter à Sébastien de rentrer avec le même enthousiasme et la même volonté, d’avoir le même comportement. Nous avons deux joueurs qui ont du talent. Il sera intéressant de voir ce que Maxime (Machenaud) peut apporter à l’équipe dans un contexte qui sera surement plus compliqué que les deux matchs au Stade de France.

Il est surprenant de voir Antoine Burban titulaire en troisième ligne. Quel est le raisonnement derrière ce choix inattendu ?
Je ne vous donnerai pas d’indications spéciales mais, effectivement, Antoine (Burban) est avec nous depuis le début, c’est un garçon qui manquait de compétition. Il a repris mais il n'est pas encore à son meilleur niveau de notre point de vue. On veut le voir dans ce contexte compliqué parce qu’il a, a priori, des qualités pour pouvoir rivaliser sur le plan de la densité physique face aux Gallois. On attend surtout de lui un comportement, en termes de puissance, pour pouvoir rivaliser avec la troisième ligne galloise.

Comme toujours, l’ambiance du Millenium Stadium, qui sera fermé, promet d’être chaude avec 80 000 Gallois derrière leur équipe...
On va leur dire que, s’il y a 80 000 personnes ici, qu’il y en avait 80 000 au Stade de France. En gros, ce sont les mêmes personnes qui crient, qui soutiennent leur équipe mais, sur le terrain, il n’y a que quinze mecs en face. Les gens ont beau crier, ils ne peuvent que crier en fait. Tous les joueurs ont joué des grands matchs de Coupe d’Europe dans des stades pleins. Quelque part, toute l’atmosphère qui est créé autour du match est sympa pour les télés, pour le public. C’est vrai que les flammes qui réchauffent le coeur, c’est joli. Tout ça, ce côté spectaculaire, c’est vraiment très beau et très agréable. Une fois que le coup de sifflet est donné, c’est quinze gars qui rencontrent quinze autres joueurs valeureux et on n’a plus qu’à donner du plaisir.

Est-ce que vous vous sentez être une menace pour la sélection galloise ?
Nous, une menace ? On est très menaçants. Je crois que la menace, c’est toujours l’équipe qu’on rencontre. Aujourd’hui, c’est nous, hier c’est l’Irlande et demain, ça sera peut-être l’Italie ou l’Angleterre. Vous savez, l’adversaire qu’on rencontre le week-end qui arrive est toujours celui sur lequel on se concentre. Nous, ce sont les Gallois, et les Gallois, ce sont les Français. Dans cette compétition, on ne peut pas se dire qu’une équipe est plus menaçante qu’une autre. Je crois que dès qu’une équipe se relâche, immédiatement, le niveau est tellement proche que l’autre équipe en profite. Il faut faire preuve de beaucoup d’humilité quand on pratique un sport à ce niveau.

Médard encore titulaire, faute de mieux...

Vous avez titularisé Maxime Médard pour la troisième fois à l’arrière, pourquoi ne pas avoir fait un choix différent, comme pour d’autres postes ?
Vous avez noté que Scott Spedding s’est blessé, c’est une des premières réponses. S’il était avec nous dès le début, il aurait peut-être pu être titulaire sur ce week-end, comme d’autres l’ont été. Vous dire que Maxime (Médard) est revenu à son meilleur niveau... Je pense que, progressivement, il retrouve de la confiance, ressent des choses qu’il n’avait peut-être plus ressenti depuis longtemps. C’est un garçon qui, comme tous les joueurs, marche souvent au moral. Il est bien intégré dans le groupe, il correspond au style de jeu qu’on veut mettre en place avec Yannick (Bru) et Jeff (Dubois). Je ne dis pas qu’il est parfait, il fait aussi quelques erreurs mais, pour le moment, nous avons confiance en lui.

Dans votre XV de départ, il y a six joueurs du Stade Français...
Je n’ai pas fait attention qu’il y en avait autant. Ça démontre que Gonzalo (Quesada) fait, encore une fois, un travail de grande qualité même si, en termes de club, c’est peut-être une raison, les résultats ne sont pas à la hauteur de ses espérances, comme l’année dernière. Ça veut dire que son travail est encore un travail de grande qualité. Aujourd’hui, il y a beaucoup de joueurs du Stade Français, il y en avait du Stade Toulousain. Demain, il y en aura peut-être de Toulon, où il y avait très peu de joueurs d’après ce que j’avais entendu récemment et, finalement, il y en a de plus en plus. On ne calcule pas comme ça.

Vous avez connu un véritable couac avec l’imbroglio David Smith. Comment l'avez-vous vécu ?
Je ne vais pas m’étendre là-dessus car, ce soir (mercredi), je suis à deux jours d’un match du Tournoi des VI Nations. Vous avez exprimé dans les médias, et c’est normal, ce passage là comme un couac. Je rappelle, tout simplement, que nous avions deux joueurs blessés le samedi, qu’il a fallu prendre des décisions très rapidement. La décision a été de faire monter ce joueur même si nous avions des doutes sur sa qualification. On a préféré le faire venir pour ne pas perdre de temps et se dire, si jamais on peut l’utiliser, il est sur place, et si on ne peut pas l’utiliser, il rentrera chez lui. Certains l’ont vécu en souriant, je le comprends très bien, mais nous étions réellement dans l’urgence, il fallait vite trouver des solutions. Je me suis expliqué avec lui, il a très bien compris. C’est un garçon charmant et il est rentré chez lui, voilà.

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