Guy Forget : "Des matchs de haut niveau avec des joueurs qui ont tout donné "

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Guy Forget : "Des matchs de haut niveau avec des joueurs qui ont tout donné "
Guy Forget : "Des matchs de haut niveau avec des joueurs qui ont tout donné "
Directeur du Masters 1000 de Paris-Bercy, Guy Forget livre un bilan très positif de cette édition 2014, malgré les travaux au POPB. L'ancien capitaine de Coupe Davis évoque également la finale tant attendue contre la Suisse.

Guy Forget, êtes-vous un directeur heureux ? Le tournoi s'est-il passé aussi bien ? N'avez-vous pas été trop impacté par les travaux ?
Très sincèrement, nous étions un petit peu inquiets avant le tournoi, parce qu'on savait que Bercy nous libérait justement cette salle pour notre tournoi exclusivement et on s'est dit : est-ce qu'on sera dans les temps ? Tout sera-t-il prêt pour que les matches puissent se dérouler normalement ? Pourra-t-on accueillir toutes nos populations, aussi bien les médias, que le public, que nos partenaires, que les joueurs dans de bonnes conditions ? Finalement, nous avons été heureusement assez rapidement rassurés. (...) Pour ce qui est du déroulement des matchs, on a n'a fait strictement aucune différence entre l'année dernière et cette année. On a perdu un petit peu de place - environ 1000 par jour - de par les modifications des loges et des gradins, on n'a pas pu exploiter la salle comme on aurait souhaité le faire, mais on était au courant. L'année prochaine, on sera capable d'avoir quasiment 16 000 places de manière encore plus confortable. Pour ce qui est des chiffres des billets de cette année, en taux de remplissage, on est strictement sur l'identique par rapport à l'an dernier, ce qui est une bonne nouvelle et qui prouve qu'il y a toujours, de la part des passionnés de tennis, un engouement particulier pour le tournoi.

« Il y a toujours un enjeu particulier »

D'un point de vue sportif, ce tournoi est toujours particulier de par sa position dans le calendrier. Cette année, il y avait un petit plus, c'est cette course au n° 1 mondial de fin d'année. Comment voyer-vous cette lutte entre Djokovic et Roger ?
Si on remonte sur les années en arrière, on a eu une ou deux éditions difficiles et par ce positionnement en fin de calendrier, on savait qu'il pouvait parfois nous porter préjudice. Lorsque je suis arrivé dans l'équipe d'organisation du tournoi, notre priorité avait été de repousser la date de Londres pour avoir une semaine tampon pour que les joueurs puissent finalement se reposer et attaquer Londres derrière à 100 %. L'année dernière, je ne reviens pas sur le plateau, il était exceptionnel et cette année encore, excepté Rafael Nadal qui était pourtant hyper motivé, puisqu'il avait été éloigné des courts pendant longtemps, il a eu sa crise d'appendicite, il n'a pas pu disputer ses chances, sans quoi on aurait eu quasiment tous les meilleurs joueurs du monde avec - c'est la particularité du tournoi qui est en fin de saison - il y a toujours un enjeu particulier ; l'année dernière, c'était déjà la place du n° 1 mondial et un Roger Federer qui n'était pas qualifié pour le Masters, cette année rebelote, il se trouve que Roger pouvait techniquement passer devant Novak, cela a créé une espèce de buzz formidable ; les joueurs qui n'étaient pas encore qualifiés pour le Masters, Raonic, Nishikori, Berdych aussi, c'est quelque chose qui joue pour nous. A ce sujet, on a vu tout au long de la semaine des matchs d'assez haut niveau avec des joueurs qui ont tout donné. De plus, la petite cerise sur le gâteau cette année, la finale de la Coupe Davis à Lille créé une attention de la part du public et on en parle déjà. Tout cela contribue à faire aussi le succès de l'événement.

Puisque vous évoquez la Coupe Davis, quel ½il jetez-vous sur le parcours des Français cette année à Bercy ? Pas un Bleu en quarts depuis 2006. Est-ce inquiétant ?
Non, je ne m'y attendais pas. On ne va pas non plus raconter n'importe quoi et faire une crise d'optimisme aigu. Rien ne remplace les victoires, que tu le veuilles ou non. Pour autant, j'ai vu entre les lignes dans certains articles des choses non pas négatives, mais on sent qu'il y a une certaine inquiétude par rapport à cela, je n'irai pas jusque-là, je pense que ce n'est pas du tout dramatique. Les joueurs disent : « On est déjà concentré sur la finale de la Coupe Davis ». Cela fait presque maintenant un mois que l'on entend : « C'est la Coupe Davis, c'est la Coupe Davis ». Quand tu arrives sur le terrain, le jour où ton capitaine de dit « C'est toi qui joues », tu te rattaches à ce que tu as produit à l'entrainement et à tes victoires passées. Sur ce que l'on a vu sur leurs performances sur le terrain, je pense que pour Gaël c'est plutôt positif, puisqu'il songeait même à un moment donné à ne pas participer au tournoi. Pour l'instant, on va dire que c'est l'un de ceux qui a fait la plus grosse résistance face à Novak. Quant à Jo ou Richard ou Gilles, il y a eu des passages où c'était bon dans leurs matchs, mais avec de grosses baisses de régime. Ils ont maintenant quinze jours pour essayer de combler ces petites lacunes. Aujourd'hui, on est un peu sur un pied d'égalité : Roger a peut-être mieux joué que les autres, puisqu'il a gagné à Bâle et à Shanghai, mais l'incertitude liée au résultat passera forcément par les progrès qui vont être accomplis entre maintenant et la finale.

« Le choix d'Arnaud est logique »

Samedi, Arnaud Clément a été très ferme. On a le sentiment qu'il sait où il va et il a donné le sentiment qu'à l'issue du stage de Bordeaux il informera les deux titulaires en simple. Pensez-vous que c'est bien que chaque joueur puisse cibler, préparer psychologiquement son Suisse à battre ?
Quand tu joues un match de cette importance et que tu dois en plus supporter l'incertitude de ne pas savoir non seulement si tu vas jouer ou si tu vas être dans les quatre, c'est difficile. A partir du moment où ce sera clair dans son esprit et j'imagine qu'il va attendre de voir Gaël sur terre battue, qu'il va attendre le feu vert du docteur d'un point de vue médical. Le plus tôt sera effectivement le mieux. Cela n'empêche pas le troisième ou le quatrième de se tenir prêt au cas où il y ait même trois/quatre jours avant une surprise. J'ai le souvenir à Melbourne d'avoir dit assez tôt à Nicolas Escudé qu'il allait jouer. J'avais mis Arnaud Clément. Il n'était même pas dans l'équipe alors qu'il avait joué un rôle important jusque-là et à l'époque il m'en avait voulu un peu, je le sais. Yannick (Noah) nous avait dit à Henri Leconte et à moi très tôt à Lyon (en 1991) qu'il allait jouer. Cela t'aide à te coucher le soir en ayant à l'esprit l'adversaire que tu vas affronter, avec les options tactiques qui en découlent. Chaque jour à l'entraînement, quand tu tapes la balle, tu la mets à tel endroit, parce que tu sais que ce n'est pas pour battre ton copain à l'entraînement ce jour-là, c'est parce que vendredi c'est là qu'il faudra que tu la mettes. Le choix d'Arnaud, je le comprends, est logique.

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