Gus Van Sant expose ses contradictions

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River Phoenix dans My Own Private Idaho de Gus Van Sant (1991)
River Phoenix dans My Own Private Idaho de Gus Van Sant (1991)

Présentées à La Cinémathèque française, à Paris, photographies et peintures font un portrait en contrepoint de la filmographie hétérogène de l’Américain.

Au lendemain de l’inauguration de l’exposition qui lui est consacrée à La Cinémathèque française, à Paris, Gus Van Sant dit, un peu mélancolique  : «  Ça m’a intéressé de la visiter.  » A 63  ans, le cinéaste américain a toujours l’air incertain d’un adolescent précipité dans un monde qui n’est pas tout à fait le sien. L’exposition de la rue de Bercy reflète cette fragilité essentielle, qui parcourt toute l’œuvre de Gus Van Sant.

Ses longs et courts-métrages, bien sûr, qui seront montrés jusqu’au 28 mai, mais aussi ses photographies et ses peintures, qui font un contrepoint à une filmographie divisée entre œuvres audacieuses (la trilogie funèbre Gerry, Elephant, Last Days) et des films «  orientés vers le public  » (Will Hunting, A la recherche de Forrester) pour reprendre les termes de l’auteur.

On commence le parcours de l’exposition par une salle qui rassemble, outre des collages, d’innombrables portraits en noir et blanc pris au Polaroid. Impossible de ne pas penser à Andy Warhol, qui a eu recours au procédé, et pourtant, tout sépare les pures images du directeur de la Factory des visages incroyablement proches saisis par Van Sant.

«  On peut les voir comme des documents d’archives intéressants, et c’est l’une des raisons pour lesquelles je les ai pris, explique le cinéaste. C’étaient des portraits, faits très vite, un cliché, rapidement, devant une fenêtre à la fin d’une réunion. La plupart d’entre eux ont été pris dans les années 1980 ou 1990. Les gens ont grandi, ...

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