Guerre des prix entre les agences

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6 %, 3 %, 1 %, qui dit moins ? Alors que la France figure parmi les pays où les frais d'agence sont parmi les plus élevés, de nouveaux venus tentent de casser les prix.

Chères agences immobilières... Avec des honoraires qui s'élèvent en moyenne à près de un mois de loyer pour une location, et de 5 à 10 % du montant de la transaction pour une vente, la France figure parmi les pays où ce service est le plus chèrement tarifé. Pas étonnant qu'entre la morosité économique ambiante et les possibilités de comparaison des prix et des services offerts par internet, la tentation soit grande de tirer les prix vers le bas. «La profession est dominée par des micro-entreprises avec un fonctionnement largement artisanal, estime Christophe du Pontavice, président du réseau à commission réduite Efficity. Il restait un gros potentiel d'industrialisation totalement inexploré.» En centralisant ses données grâce à internet et en organisant les rendez-vous avec un centre d'appel, cette enseigne affiche des honoraires réduits à 3 % dans sa formule classique et même à 1 % si le propriétaire se charge d'assurer lui-même les visites. Mais dans ce dernier cas de figure, peut-on encore réellement parler de service ? «Dans tous les cas, nous apportons notre connaissance des prix du marché et notre capacité de négociation», se défend Christophe du Pontavice. Il se souvient ainsi avoir permis cet été à un client de vendre ses 20 m2 dans le VIe arrondissement parisien à 340 000 € alors qu'il s'apprêtait à les céder moyennant 280 000 € en pensant faire une excellente affaire. Efficity a préféré abandonner les slogans mettant en avant «l'agence immobilière low cost» au profit d'une «agence à commission réduite».

Une chose est sûre : si les con sommateurs sont séduits par l'approche low cost, ils ont compris que les petits prix s'accompagnent d'un service réduit. Ces dernières années, les enseignes mettant en avant des honoraires limités se multiplient : ainsi est né 4 % Immobilier, un réseau d'agences classiques « en dur », et, à ses côtés, un large éventail d'agences virtuelles en ligne (voir encadré). Dernière variante possible : les agences à commission plafonnée ou forfaitaire, comme Une Maison Bleue (5 980 € quel que soit le bien vendu) ou l'Agence Pas Chère (3 % plafonnés à 9 000 €).

Des prix serrés qui ne sont pas toujours un gage d'efficacité. «La bonne question à se poser est: vaut-il mieux donner 4% à une agence bon marché ou 6% à une agence plus efficace», estime Jean-François Buet, secrétaire général de la Fnaim. Tout en reconnaissant qu'il reste encore bien des efforts à fournir chez les agents immobiliers en matière de clarté et d'affichage des honoraires, il souligne que ces professionnels ont d'importants frais à couvrir et apportent un vrai service. «Nous avons un gros travail de pédagogie à effectuer, explique-t-il. Dans mes factures, je précise toujours le détail de toutes les actions mises en œuvre pour aboutir à une vente et tout le suivi que cela implique.» Selon lui, le niveau des honoraires pourrait être sensiblement réduit par une meilleure rationalisation des coûts dans les petites boutiques, par un plus gros travail de collaboration entre agences.

Agent immobilier ou agent commercial?

Ils s'appellent Optimhome, Capi France ou A la lucarne: ce sont les nouveaux réseaux virtuels de ventes de biens immobiliers. Ici, pas de boutique: le représentant de l'enseigne s'appuie uniquement sur internet et sur son téléphone pour nouer des contacts avant d'effectuer les visites des biens à vendre. Pour les défenseurs de cette formule en pleine expansion, il s'agit d'un nouveau modèle économique. «L'apport de la boutique est très faible, estime ainsi Christophe du Pontavice, président du réseau à commission réduite Efficity. Pour réduire le coût de la prestation et offrir un service de qualité, il faut proposer une formule alternative, optimisée notamment à l'aide de l'outil internet.»Les agents «traditionnels», de leur côté, estiment que ces nouveaux venus représentent une concurrence déloyale. «Dans ces réseaux, la seule personne à détenir une carte d'agent immobilier, c'est le créateur, rappelle Jean-François Buet, secrétaire général de la Fnaim. Les agents commerciaux avec lesquels les clients sont en relation ont en général une formation très légère, tout comme leur ancienneté. Ils n'ont même pas le droit de remplir un compromis de vente.» Les agents immobiliers classiques estiment qu'en cas de problème dans la transaction, le consommateur ne dispose pas de garanties ou de recours suffisants en traitant avec un agent commercial.

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