Guerre des légumes chez les bobos

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Distribution de légumes dans un appartement à Nanterre (mars 2012).
Distribution de légumes dans un appartement à Nanterre (mars 2012).

Qui aurait cru qu'acheter ses légumes allait devenir un acte politique ? Les hostilités ont débuté en juin dernier avec un brûlot posté sur le Web par un dénommé Benjamin Guilbault. Cet apiculteur qui fournit plusieurs Amap (Association pour le maintien d'une agriculture de proximité) s'en prend vertement à la Ruche qui dit oui, accusée de "tromperie" du consommateur et de manquements à "l'éthique". Il l'accuse, en gros, de faire son miel sur le dos d'une filière équitable et de proximité, alors qu'elle ne ferait que prolonger les "pratiques capitalistiques du marché". Une sorte de parasitisme d'une petite start-up maline dans l'écosystème idéal des associatifs.

Très vite, la polémique a gonflé sur les réseaux sociaux et les forums. Les contempteurs de la Ruche fustigent le "nouveau frelon parisien exterminateur de la petite paysannerie". À chaque époque, ses divisions. On était Beatles ou Stones dans les années 1960. On est aujourd'hui Amap ou Ruche chez les bobos. Bénévolat contre marchandisation, militantisme décroissant versus e-commerce... La querelle oppose non seulement deux systèmes de circuits courts, mais aussi deux visions différentes du "locavorisme", cette mouvance importée des États-Unis qui prône la consommation de nourriture produite à moins de 250 kilomètres du consommateur.

Un effet Amazon sur la paysannerie

D'un côté, les Amap reposent sur un modèle strictement associatif. Ces pionniers de la filière ont...

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