Guerre contre le sida, guerre de Sécession, guerre microbiologique : notre sélection cinéma

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Extrait de « 120 battements par minute », film français de Robin Campillo.
Extrait de « 120 battements par minute », film français de Robin Campillo.

Chaque mercredi, dans La Matinale, les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.

LES CHOIX DE LA MATINALE Au programme cette semaine, la vie - et la mort - au temps du sida ravageur et des premiers pas d'Act Up, les tourments du désir féminin durant la guerre de Sécession et le second long-métrage de Shane Carruth, entre cauchemar fantastique et conte philosophique.

LA MALADIE, LA COLÈRE ET L'AMOUR EN PARTAGE : « 120 battements par minute », de Robin Campillo

A première vue, c'est une ponctuation terrifiante qui scande le voyage infernal et magnifique des héros de 120 battements par minute : la ­caméra attrape des grains de poussière qui flottent dans les faisceaux de lumière, au-dessus d'une piste de danse ; insensiblement, ces particules prennent des formes organiques jusqu'à se faire cellules et virus, qui s'assemblent, se divisent pour mieux se multiplier.

Il en va de cette image inventée par Robin Campillo comme du reste de son film : ce qui semble au premier abord une métaphore funèbre (la mort est dans l'air, puisque nous sommes au pic de l'épidémie de sida, au moment où la médecine n'apporte aux malades d'autre secours que palliatif) est aussi une représentation de la vie. La contagion, c'est la diffusion de la maladie, c'est aussi le partage de la colère, de l'énergie ; le virus se transmet, comme les informations et le savoir qui permettront d'en limiter la propagation, d'élaborer des thérapies efficaces.

Pour jeter ce pont du néant à l'existence, le cinéaste a puisé dans sa mémoire de militant d'Act Up. Scénariste et monteur de son film, ...

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