Guerbet veut se développer en radiologie thérapeutique

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par Noëlle Mennella et Alice Cannet

PARIS (Reuters) - Guerbet, un groupe familial spécialisé dans les produits de contraste pour l'imagerie médicale, envisage des acquisitions afin de se développer notamment dans le secteur lucratif de la radiologie interventionnelle.

Le groupe réalise actuellement la moitié de son chiffre d'affaires dans les produits classiques pour l'imagerie sous rayon X, 40% dans les produits utilisés pour l'IRM (imagerie par résonance magnétique) et seulement 10% dans ces activités de radiologie à visée thérapeutique.

Le développement dans cette discipline, dont l'objectif n'est pas seulement d'établir un diagnostic mais de soigner, notamment en oncologie, se justifie par des niveaux de marges "très, très attractives", a souligné dans un entretien à Reuters Jean-François Le Martret, directeur financier de Guerbet.

L'usage du Lipiodol - principal produit utilisé pour ce type d'examen, qui transporte les anticancéreux sur le site des tumeurs du foie - pourrait être élargi à d'autres types de cancers, a-t-il observé.

"Nous avons la volonté de réaliser des opérations de croissance externe dans la mesure où cela s'inscrit dans la stratégie de l'entreprise et que cela répond à nos souhaits de développement de produits et de développement géographique", a précisé Jean-François Le Martret.

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Dans le domaine de l'IRM, le groupe prévoit par ailleurs de commercialiser d'ici à l'été aux Etats-Unis son produit phare, le Dotarem, qui a obtenu en mars dernier le feu vert des autorités américaines.

Les coûts de lancement du Dotarem aux Etats-Unis - qui représentent cette année une dizaine de millions d'euros - pèseront ainsi sur le résultat opérationnel en 2013, a précisé le directeur financier, ajoutant que ces coûts devraient être réduits de près de la moitié l'an prochain.

Commercialisé depuis 1989, le Dotarem a vu sa part de marché européenne passer de 20% en 2007 à 47% aujourd'hui. Ses ventes ont augmenté de 10,3% en 2012, permettant au groupe d'afficher un chiffre d'affaires de 403,5 millions d'euros en 2012 (+6,8%).

Après les Etats-Unis, le groupe cible encore quelques marchés en Europe de l'Est comme la Pologne et la République tchèque pour le Dotarem, déjà disponible dans 70 pays. Il table sur une montée en puissance des ventes de ce produit à partir de 2014, après un million de dollars modestement attendu en 2013.

Le groupe - n°4 mondial du secteur derrière General Electric Healthcare, Bayer et la société italienne non cotée Bracco - vise d'ici quatre à cinq ans entre 15 et 20% du marché américain des produits pour les examens IRM, estimé à 300 millions de dollars.

Le groupe, qui prévoit pour 2013 une marge opérationnelle stable (7,9% en 2012) et une croissance de 3% de son chiffre d'affaires, entend rester à capital familial.

La famille Guerbet, détentrice de 55% du capital, "n'affiche pas de volonté de se désintéresser de l'entreprise", a souligné le directeur financier.

Vers 16h25, le titre cède 0,08% à 105,42 euros à la Bourse de Paris. Il a progressé de 10% depuis le début de l'année, portant la capitalisation du groupe à 324 millions d'euros, et superforme l'indice CAC Mid & Small (+0,5%).

Edité par Jean-Michel Bélot

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