Guaino revendique devant la justice son "droit à l'indignation"

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HENRI GUAINO REVENDIQUE SON "DROIT À L'INDIGNATION"
HENRI GUAINO REVENDIQUE SON "DROIT À L'INDIGNATION"

PARIS (Reuters) - Henri Guaino, poursuivi pour des propos tenus en 2013 après la mise en examen de Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bettencourt, a fustigé mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris un "procès fait à la représentation nationale".

En mars 2013, le député UMP avait accusé le juge Jean-Michel Gentil, l'un des trois magistrats instructeurs chargés de ce dossier, d'avoir "déshonoré la justice" et "sali la France" en mettant l'ex-chef de l'Etat en examen pour "abus de faiblesse". Nicolas Sarkozy a par la suite bénéficié d'un non-lieu.

Ses propos avaient suscité l'indignation de l'Union nationale des magistrats (USM), majoritaire dans la profession, qui les avait signalés au parquet de Paris.

"Je n'ai pas le sentiment aujourd'hui d'être convoqué pour un procès comme les autres", a déclaré mercredi Henri Guaino, qui était cité à comparaître pour outrage à magistrat et discrédit porté sur une décision de justice.

"L'homme politique a droit à une certaine exagération et même à une provocation (...) j'ai exprimé une indignation, j'estime avoir dans mon pays un droit imprescriptible à cette indignation", a ajouté l'ancienne plume de Nicolas Sarkozy.

"C'est un procès fait à la représentation nationale", a-t-il conclu, promettant d'aller jusque devant la Cour européenne des droits de l'homme si besoin.

Le ministère public a requis sa condamnation à une amende "de l'ordre de 3.000 euros." Le tribunal rendra sa décision le 27 novembre prochain.

"LIBERTÉ D'EXPRESSION"

Une vingtaine de députés UMP parmi lesquels Jacques Myard, David Douillet et Georges Fenech étaient venus lui apporter leur soutien. "Je suis là pour la liberté d'expression du parlementaire qui est un signe de bonne démocratie", a expliqué avant l'audience Georges Fenech, magistrat de formation.

La Constitution protège l'expression de l'opinion du parlementaire "dans l'exercice de ses fonctions".

Mais pour Henri Guaino, qui revendique ses propos et estime que l'histoire lui a donné raison, Nicolas Sarkozy ayant bénéficié d'un non-lieu, la limitation de cette protection à ce qui est dit dans l'hémicycle n'est pas conforme "aux moeurs de notre époque".

Le député des Yvelines s'est par ailleurs étonné d'être le seul poursuivi, alors que 107 parlementaires ont tenu des propos similaires dans une lettre ouverte au procureur de Paris.

"Comme c'est un parlementaire de talent, sa voix porte davantage", a répliqué le procureur. "Ses propos n'en font que plus de dégâts."

L'un des avocats du juge Jean-Michel Gentil, Me Léon Lef Forster, a rappelé que son client, qui demande 100.000 euros de dommages et intérêts, avait reçu des menaces peu de temps après les propos de l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy.

"Monsieur Guaino n'est pas en cause mais c'est une atmosphère", a-t-il dit. "Les atmosphères se construisent."

Henri Guaino encourt six mois d'emprisonnement et 7.500 euros d'amende pour discrédit sur une décision juridictionnelle et un an d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende pour outrage à magistrat.

(Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

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  • samu31 le mercredi 22 oct 2014 à 21:54

    Mon Dieu ! Que Frédéric Bastiat avait raison ! Il ne faut pas que certains se donnent le Droit de tout faire et de tout juger. Ils nous volent notre LIBERTE.

  • dsta le mercredi 22 oct 2014 à 21:22

    Ceux qui ont érigé le "mur des cons" sont totalement décrédibilisés...et pourtant...ne continuent ils pas à juger ??? Répoublique bananière !!!

  • dsta le mercredi 22 oct 2014 à 21:17

    Seuls les voyous ont désormais, dans ce pays qui s'appelait France, le droit de dire et de faire ce qu'ils veulent...sans être le moins du monde, inquiété!

  • M3435004 le mercredi 22 oct 2014 à 21:14

    non à la STASI.

  • LeRaleur le mercredi 22 oct 2014 à 20:50

    Tout le monde a droit à l'indignation. Ce n'est pas réservé au PS selon sa pensée.