GTT: un fort rendement en attendant l'essor du GNL.

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(CercleFinance.com) - Après un point bas historique en février dernier, sous 22 euros, les tendances semblent s'améliorer pour l'action GTT à la Bourse de Paris, qui cote ce midi 32 euros. Cette valeur atypique permet de jouer le probable essor du gaz naturel liquéfié (GNL) dans la décennie qui vient. En attendant que les risques de court terme ne se dissipent (enquête sud-coréenne, surcapacités), le titre procure un rendement copieux et “garanti” de plus de 8%.

Un rapide retour sur l'historique boursier de GTT permet de mieux saisir les tendances récentes. Ses principaux actionnaires, dont Engie et Total, ont introduit l'action GTT en Bourse en février 2014 au prix de référence de 46 euros. L'histoire commence bien pour ce leader mondial dans son secteur d'activité : la conception de systèmes de stockage pour le gaz, notamment le gaz naturel liquéfié (GNL). GTT conçoit ainsi plus de 70% des réservoirs de GNL qui équipent les méthaniers qui sortent des chantiers navals. En juin 2015, le titre tutoie les 60 euros.

Peu capitalistique, GTT est un bureau d'études dégageant une rentabilité hors norme : sur une facture de 1.000 euros, la marge bénéficiaire nette est de 500 euros. Impossible de trouver mieux au sein de l'indice SBF 120 ! Un peu comme les foncières, le groupe s'est engagé à reverser à ses actionnaires environ 80% de ses profits sous forme de dividende. Son coupon est solide et garanti : 2,66 euros au titre de 2014 comme 2015, un montant que GTT s'est engagé à maintenir en 2016 comme en 2017. Ce qui confère une rare visibilité à ce rendement supérieur à 8%.

Vint ensuite le temps des déboires : d'abord, dès l'été 2015, les investisseurs doutent des perspectives du groupe dont les commandes se raréfient. En effet, la flotte mondiale de méthaniers a crû trop vite, et les “charter rates” des affréteurs spécialisés s'effondrent. Il faut du temps pour que la croissance tendancielle de la demande de transport de GNL absorbe les surcapacités. Puis en début d'année 2016, les autorités de la concurrence de la Corée du Sud ont ouvert une enquête sur le groupe, dont on est toujours sans nouvelle. Et ce alors que GTT dispose d'une forte part de marché et fait construire beaucoup des équipements qu'il conçoit dans les chantiers navals de ce pays. L'action tombe au plus bas, avant d'entamer un redressement partiel.

Reste une constante : la demande de GNL est amenée à augmenter. Total prévoit qu'elle triplera d'ici 2025, ce qui suppose d'accroître en conséquence la flotte de méthaniers. Et donc parallèlement le nombre de FSRU, ces unités flottantes de liquéfaction et de regazéïfication aussi nécessaires au transport que les navires eux-mêmes.

Cerise sur le gâteau : GTT pourrait disposer d'un 2e relais de croissance, le 'bunkering'. En effet, la flotte mondiale de navires de commerce utilise essentiellement du fuel lourd, dont la combustion est très polluante. Mais au niveau mondial, il a été décidé de réduire sensiblement ces émissions. Ce qui pourrait doper la propulsion navale au GNL, ce 'bunkering' naissant sur lequel GTT est positionné. Ce qui vient en plus d'un premier relais de croissance pour GTT, plus concret : les services associés à ses systèmes, qui pour l'heure ne représentent que 5% du CA.

Un indicateur à surveiller : l'évolution du nombre d'équipements en carnet de GTT, qui a culminé à 129 unités au T1 2015 avant de se contracter continûment d'un trimestre sur l'autre, à 103 équipements au T3 2016. A suivre.

Prochain événement inscrit sur l'agenda de GTT : les comptes de l'exercice 2016, attendus après Bourse le 23 février 2017

EG


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