GTT: le message de la direction rassure un peu le marché.

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(CercleFinance.com) - L'action Gaztransport & Technigaz (GTT) s'offrait ce midi un petit rebond (+ 2,7% à 37,8 euros) après que la situation financière d'un armateur spécialisé notamment dans le gaz naturel liquéfié, Teekay, ait sabré son dividende. Partant de 42,5 euros, le titre avait cependant perdu 13,4% lors des deux séances (vendredi et lundi) qui avaient précédé l'annonce de Teekay. Et maintenant ?

Rappel des faits : le 16 décembre, l'armateur d'origine norvégienne, Teekay, a divisé par dix son dividende trimestriel (de 0,55 dollar à 0,055 dollar). En cause : plusieurs de ses 'filiales' (MLP) dont Teekay LNG Partners, spécialisée dans le transport de gaz naturel liquéfié (GNL) et de produits comme le GPL, qui a sabré son propre dividende trimestriel de 80%, de 0,70 dollar à 0,14 dollar.

Teekay LNG exploitait, au 1er novembre 2015, une flotte de 88 navires comprenant 50 méthaniers dont nombre sont équipés de technologies GTT. Il s'agit donc d'un acteur important parmi les transporteurs maritimes de GNL : selon l'International Gas Union, la flotte mondiale de méthaniers comptait, fin 2014, quelques 373 navires actifs. Toujours l'an dernier, 28 navires ont été livrés et 68 commandés. En clair : la flotte de méthanier augmente rapidement, faisant ainsi pression sur les tarifs pratiqués par les armateurs.

En réduisant drastiquement son coupon, Teekay LNG entend préserver son cash pour financer ses projets de croissance et réduire son endettement, 'éliminant ainsi le besoin d'accéder aux marchés de capitaux dans un avenir prévisible'. Autant dire que sa situation financière est plutôt tendue. Depuis le début de l'année, l'action Teekay LNG Partners a perdu plus de 70% de sa valeur à New York. Ce qui a fait craindre à certains intervenants, sur les marchés, des réductions de commandes de méthaniers.

Or il s'agit d'un marché clé de GTT, le leader mondial de la conception des systèmes de transport et de stockage de gaz naturel liquéfié (GNL) devant Moss Maritime. Ce qui explique la chute du titre ces derniers jours et, ce matin, la réaction de la direction à la décision de Teekay: “Dans une conjoncture qui reste contrastée et un contexte de forte volatilité de son cours de bourse, (GTT) précise qu'elle n'a pas constaté de modification significative de son activité depuis la publication, le 19 octobre dernier, de son point sur le troisième trimestre 2015”.

Et la direction de GTT de continuer : “compte tenu du niveau élevé du carnet de commandes, du rythme actuel de construction des navires, ainsi que d'une activité soutenue dans le domaine des services, et sous réserve de reports ou annulations significatifs de commandes, la direction de GTT confirme donc ses objectifs” pour 2015 et 2016. Soit un CA quasi-stable cette année vers 227 millions d'euros (ainsi qu'une marge nette voisine de 50% et un taux de distribution de 80%) avant “au moins” 250 millions en 2016.

Capitalisant 1,4 milliard d'euros et pouvant se prévaloir d'une marge nette exceptionnellement élevée, la valeur est pourtant prisée de nombre de bureau d'études. Dans une note publiée le 13 novembre, les analystes de Portzamparc mettaient en avant la 'forte visibilité (offerte par le groupe GTT) jusqu'en 2018”. 'Le carnet de commandes compte 122 unités fin septembre 2015 et offre une forte visibilité jusqu'en 2018 au regard des livraisons prévues : 33 unités en 2015, 37 en 2016, 35 en 2017, 28 en 2018 puis 9 en 2019 et 3 en 2020', expliquaient-ils.

Tout en soulignant la position de leader mondial et sa part de marché ultra-dominante ('70% des navires en exercice, et 90% des navires en commandes'), Portzamparc mettait cependant en garde sur un point, à terme: 'à noter que Samsung Heavy Industries (SHI), un client historique de GTT (126 navires commandés entre 1996 et 2014, premier client de GTT avec 33% du CA 2014 et de 32% du carnet de commandes) développe une technologie à membrane concurrente, sans aucune certification ni référence à ce stade', indiquait une note de recherche. Qui n'en émettait pas moins un conseil d'achat sur GTT flanqué d'un objectif de cours de 54,3 euros

Plus près de nous, quid du “risque Teekay” ? A en croire Natixis, c'est “peanuts” : 'le nombre de navires en carnet commandés in fine par Teekay LNG est au maximum de 14, sur un total de 122 (8 fin 2014, et 6 commandes en 2015)', soit 11% 'maximum' du carnet de GTT, calcule le bureau d'études. 'Il nous semble important de rappeler que les armateurs (et donc Teekay) ne sont pas les clients directs de GTT. Ce sont les chantiers navals. Nous considérons donc que la construction de ces méthaniers en carnet n'est pas en risque', insistait la note.

Pointant aussi l'entrée en service, en 2016, de terminaux de liquéfaction de gaz aux Etats-Unis en vue de l'exportation de GNL, ce qui pointe pour une hausse de la demande de méthaniers, Natixis juge la baisse du titre 'exagérée' et réitère son conseil d'achat sur GTT, son statut de valeur préférée, ainsi que son objectif de cours de 56 euros.

Rappelons toutefois chez Société Générale, passé d''achat' à 'conserver' le 30 novembre dernier, avec une cible de 47 euros, on se voulait plus prudent en raison du marché des méthaniers : 'après un montant record de 35 commandes reçues en 2015, nous anticipons un total d'environ 40 entrées de commandes réparties sur les deux à trois prochaines années'. Sans oublier un démarrage du “LNG bunkering” (la propulsion de navires à partir du GNL plutôt que du traditionnel fuel lourd) plus lent, selon SG, que le marché ne le pense.

Quoi qu'il en soit, à ce jour, le cours de GTT capitalise moins de 12 fois ses profits attendus pour 2016, ce qui est relativement faible, et son dividende devrait générer un rendement de plus de 6%.

EG


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