Groupe Fnac: défié par un 'chevalier blanc', Conforama.

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(CercleFinance.com) - Alors que le rapprochement de la Fnac avec Darty semblait acté, voilà qu'un troisième grand nom hexagonal de la distribution spécialisée, Conforama, vient jouer les troubles-fêtes en surenchérissant sur Darty. En jargon boursier, on qualifie de “chevalier blanc” le groupe qui vient “sauver” un autre d'une OPA hostile. Mais Darty a-t-il vraiment intérêt à accepter la surenchère de Conforama ?

L'image de la Fnac, célèbre distributeur de produits culturels et électroniques, a bien changé aux yeux des boursiers : mi 2013, Kering, l'ex-PPR, se concentrait un peu plus sur le luxe (Gucci, Bottega Veneta, YSL, ...) et le 'lifestyle' (Puma, Volcon) en se séparant de la Fnac. A cette date, le titre Fnac était introduit en Bourse à un peu moins de 20 euros et commençait bien mal sa vie boursière, en dévissant dans les premières séances. Le modèle de la Fnac paraissait alors périmé à l'heure du e-commerce, qui lamine les prix.

Puis le groupe dont Alexandre Bompard est aujourd'hui le PDG a entrepris un remarquable redressement reflété par le cours de Bourse, désormais proche des 60 euros, soit une capitalisation d'un milliard d'euros environ. En 2015, malgré des ventes quasi-stables de 3,9 milliards d'euros, son résultat opérationnel courant a augmenté de 10,2% à 85 millions, soit une marge portée de 2 à 2,2%, et le résultat net part du groupe a pris près de 15%, à 48 millions d'euros. Et le groupe dispose d'une trésorerie nette de 544 millions, soit presque autant que ses fonds propres.

Fort de cette recovery et de la solidité de son bilan, Fnac a estimé opportun de croître en rachetant un autre grand distributeur spécialisé très présent en France, quoi que davantage du côté de l'électroménager : Darty. Les deux groupes se sont accordés, en fin d'année dernière, sur une OPA en titres essentiellement valorisant Darty aux environs de 105 pence par action (Darty cote à Londres à titre principal), soit 556 millions de sterlings (713 millions d'euros environ).

Darty l'ayant accepté, le mariage semblait acté. Mais ce matin, Conforama a présenté une contre-offre à 125 pence par titre, en espèces uniquement. Soit une valorisation de 661 millions (848 millions d'euros environ) de sterlings. C'est une sorte de duel d'“ex-PPR” : en effet, l'enseigne Conforama avait été rachetée en 2011 à PPR par le sud-africain Steinhoff International Holdings. Accusant réception de l'offre de Conforama, le conseil d'administration de Darty l'étudie et conseille, en attendant, à ses actionnaires de ne pas bouger. Pourrait-il changer de pied ?

Il faut dire que la surenchère de l'ordre de 20%, avec la promesse d'un règlement en espèces et non en titres, peut paraître alléchante. Le cours de Bourse de Darty s'est d'ailleurs plus ou moins aligné sur la proposition de Conforama.

Reste que du point de vue industriel, on manque de données fondamentales, notamment de chiffrement des synergies. Une question importante puisque si Darty et la Fnac sont présents sur des marchés identiques ou proches, Conforama, lui, est d'abord un vendeur de mobilier, à hauteur de plus de 60% de son CA.

Or dans ce genre de fusion, la création de valeur repose notamment sur la capacité des deux groupes à mettre en commun leurs achats pour en limiter les prix, et ensuite à combiner leurs activités. Avec Conforama, le tableau paraît moins évident qu'avec la Fnac.

Notons qu'à Londres, l'action Darty a frôlé ce matin les 130 pence et cote, à cette heure, 127 pence, soit un peu plus que l'offre de Conforama. Les boursiers estimeraient-ils que la Fnac, dont l'action perd 2% à Paris, pourrait surenchérir ? A suivre.

EG


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