Groupama voudrait céder ses parts dans Eiffage

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par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Groupama, quatrième actionnaire d'Eiffage, serait désireux de vendre sa participation dans le groupe de BTP et de concessions si le cours de Bourse remontait, a déclaré mercredi le directeur général d'Eiffage.

Groupama détenait au 31 décembre dernier 6,9% d'Eiffage, derrière les salariés (26,8%), le Fonds stratégique d'investissement (FSI) (20,6%) et les cadres du groupe (8,3%).

"Groupama est en difficulté, tout le monde le sait. Il m'a semblé que Groupama - et son directeur général - était plutôt vendeur à terme de sa participation dans Eiffage à condition que le cours de Bourse remonte de façon significative", a déclaré Pierre Berger au cours de l'assemblée générale du groupe de BTP.

"Nous verrons, il nous semble qu'aujourd'hui aucune décision n'a été prise", a-t-il ajouté. "Par ailleurs, cette vente, si elle s'effectuait dans les mois qui viennent, permettrait d'augmenter notre flottant, ce qui est un voeu et un souhait de l'ensemble des investisseurs."

Pierre Berger a précisé qu'Eiffage et Groupama feraient en sorte qu'un tel placement, s'il a lieu, soit coordonné pour ne pas "faire varier de façon trop brutale et significative le cours de Bourse".

L'action du groupe de BTP a clôturé mercredi en baisse de 6,79% à 25,40 euros.

Une porte-parole de Groupama n'a pas souhaité commenter les déclarations de Pierre Berger. Elle a simplement renvoyé aux indications données par l'assureur lors de la présentation de ses résultats annuels où il prévoyait de réduire la proportions de ses actifs en actions.

Groupama avait augmenté sa participation en 2008, année de la sortie de Sacyr Vallehermoso du capital d'Eiffage après l'échec de sa tentative de rachat du groupe français.

Selon des données Thomson Reuters, les six millions d'actions que détient l'assureur sont valorisés autour de 150 millions d'euros au cours de mercredi.

LÉGÈRE BAISSE DU TRAFIC AU T1, S2 PLUS FAVORABLE

Eiffage a également dit s'attendre à ne rencontrer aucun problème de liquidités au cours des cinq prochaines années après le refinancement en février de 3,5 milliards d'euros de dette bancaire d'Eiffarie, sa coentreprise dans les autoroutes.

Il a également indiqué que le trafic avait légèrement baissé au premier trimestre sur le réseau autoroutier dont il a la concession, notamment APRR (Autoroutes Paris Rhin Rhône), mais que le chiffre d'affaires avait au contraire légèrement progressé dans l'activité grâce aux augmentations des prix des péages entrées en vigueur le 1er février.

"(Les) perspectives (...) sont un peu molles mais (...) ne nous désespèrent pas complètement du fait que le second semestre 2011 avait été assez mauvais, et nous estimons que l'effet de base du second semestre pourrait nous être favorable", a ajouté Pierre Berger.

A propos du bras de fer avec Arnaud Montebourg sur le retrait obligatoire d'APRR, Max Roche, directeur des concessions, s'est montré par ailleurs plutôt confiant étant donné que le tribunal administratif "nous a donné entièrement raison", a-t-il dit.

L'assemblée générale de mercredi était la dernière du président Roverato. Dirigeant historique du groupe, qu'il a créé

sous sa forme actuelle via la fusion de l'ancien Fougerolle avec plusieurs autres sociétés, Jean-François Roverato a cédé l'été dernier la direction générale à Pierre Berger, venu du concurrent Vinci.

"Naturellement le conseil d'administration d'Eiffage décidera en temps utile de ma succession à la présidence qui sera en place au plus tard le 10 septembre prochain", a déclaré celui qui aura dirigé Eiffage pendant plus de vingt ans.

Son successeur à la direction générale a rendu hommage à "l'un des plus grands entrepreneurs français de la période récente", sous les applaudissements des actionnaires réunis salle Wagram à Paris.

Edité par Jean-Michel Bélot

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