Groupama AM : " Nous recrutons pour notre plate-forme Sigma, qui devrait compter une vingtaine de gérants et analystes"

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(NEWSManagers.com) - Entretien avec Francis Ailhaud, directeur général de Groupama Asset Management


Dans un entretien à Newsmanagers, Francis Ailhaud, directeur général de Groupama Asset Management, revient sur la création de Sigma et l' international, deux axes stratégiques pour la société de gestion de Groupama qui gérait à fin décembre 89,9 milliards d' euros. Il évoque aussi l' investissement socialement responsable, un sujet qui lui tient à c?ur.

NewsManagers : L' arrivée d' Antoine de Salins chez Groupama Asset Management en tant que directeur des gestions, en remplacement de Romain Boscher, a-t-elle eu des répercussions sur l' organisation des équipes et sur les processus d' investissement ?


Francis Ailhaud : Non, nous n' avons pour l' instant procédé à aucun changement. Mais, dans le courant de l' année, nous allons, fort de l'expérience d'Antoine de Salins, revisiter l' ensemble de nos processus de gestion.

Concernant l' organisation de la gestion d' actifs, nous avions néanmoins, avant l' arrivée de notre nouveau directeur des gestions, décidé de fusionner la multigestion traditionnelle avec la multigestion alternative, la gestion à rendement absolu et la gestion de haute conviction pour former la plate-forme Sigma.


NM : Quelle est la logique de cette fusion ?


F.A. : L' idée est de donner à ces équipes, jusqu' ici éparpillées, un poids plus important et des moyens supérieurs. L' ensemble représentera ainsi 2 milliards d' euros sous gestion. Sachant que toutes les gestions en question ont comme point commun d' être flexibles, diversifiantes et d' avoir une même approche du budget de risque. Regroupées au sein de Sigma, ces gestions joueront un rôle important pour cibler la clientèle de distribution, même si elles pourront aussi intéresser notre clientèle historique d' investisseurs institutionnels pour diversifier leurs portefeuilles.


NM : La création de Sigma est-elle désormais effective ?


F.A. : Oui, car nous venons d' obtenir l' autorisation de l' AMF. Nous allons réintégrer au sein de Groupama Asset Management la structure Groupama Fund Pickers qui était jusqu' à présent une société de gestion à part entière. Par ailleurs, nous sommes en train de recruter des personnes pour l' équipe, qui devrait se composer à terme d' une vingtaine de collaborateurs entre gérants et analystes. Sa gamme sera revisitée, avec des fermetures et des lancements de fonds.


NM : Depuis quelques années déjà, vous avez fait du développement international un axe majeur de croissance. Comment s' organise-t-il ?


F.A. : Nous analysons pour chaque pays la part de marché réellement accessible à une société de gestion " tiers" et nous regardons la capacité de notre société à proposer une offre attrayante. Parmi les marchés que nous avons retenus à l' issue de cette étude figurent la Suisse, la Belgique, le Luxembourg, les Pays Bas, la Scandinavie, l' Italie et l' Espagne. En revanche, nous n' avons pas considéré qu' il était opportun d' aller dès à présent au Royaume-Uni et en Allemagne car ces marchés sont très matures et très compétitifs. Cependant, nous renforçons notre présence auprès des consultants internationaux qui sont souvent basés à Londres.

Pour appuyer ce développement international, nous avons créé récemment une sicav luxembourgeoise qui compte déjà trois compartiments et a vocation à être renforcée. Commercialement, nous approchons l' Europe du Nord depuis la France ainsi qu' en nouant des accords de distribution sur place. Pour l' Italie ou l' Espagne, nous sommes présents à travers une filiale ou une succursale.

NM : Comptez-vous également vous développer hors d' Europe ?


F.A. : Il est évident que la question se pose aujourd' hui de savoir comment capter à la fois les rendements élevés et les bassins d' épargne importants qu' offrent la Chine, l' Inde ou le Brésil. Pour le moment, nous réfléchissons à la façon dont nous pourrions profiter d' un partenariat noué par notre maison mère en Chine avec Avic. Cette entreprise a une société de gestion et nous essayons de voir comment nous pourrions travailler ensemble. Pour le moment, nous gérons des marchés émergents via notre multigestion, mais pas en direct.


NM : Pourriez-vous acquérir des sociétés de gestion en tant que Groupama AM ? Où êtes-vous dépendant pour cela de votre maison mère ?


F.A. : Notre développement se fait de manière organique, grâce aux moyens que nous donne notre maison mère. Si Groupama fait une acquisition, nous récupérons des actifs, ainsi que d' éventuelles opportunités de croissance. Mais les acquisitions se font surtout dans les assurances.


NM : Vous avez déclaré récemment que vous souhaitiez clarifier votre position en matière d' investissement socialement responsable? Qu' entendez-vous par là ?


F.A. : Il y a deux sortes d' ISR : l' ISR de niche et l' ISR " mainstream" . L' ISR de niche mène une gestion strictement ISR. L' ISR " mainstream" , c' est l' intégration progressive de l' analyse extra-financière dans la gestion financière. Il s' agit d' une étape supplémentaire où tout acte de gestion prend en compte les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance.

C' est cette gestion ISR " mainstream" que nous cherchons à mettre en place au sein de Groupama AM depuis plusieurs années. Nous n' avons d' ailleurs plus qu' un seul pôle de recherche regroupant analystes financiers et extra-financiers.

Mais il faut maintenant approfondir, dans notre gestion traditionnelle, les modalités de prise en compte des critères ESG par les gérants dans leur politique d' investissement.

info NEWSManagers

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