Groupama accuse une perte de 1,8 milliard d'euros en 2011

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par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Groupama SA, en cours de restructuration après avoir été ébranlé par la crise, a annoncé jeudi une perte de 1,81 milliard d'euros en 2011.

L'assureur mutualiste a été contraint de passer l'an dernier d'importantes dépréciations en raison notamment de son exposition à la dette souveraine grecque et à la chute des marchés actions.

Le groupe a une exposition particulièrement forte à la Société générale et à Veolia Environnement, deux entreprises particulièrement malmenées en Bourse par la crise.

"Les dépréciations et pertes exceptionnelles sur actifs enregistrées en 2011 s'élèvent au total à 3,0 milliards d'euros", précise Groupama dans un communiqué.

Ces pertes s'expliquent pour moitié par les dépréciations sur les titres souverains grecs et pour l'autre moitié sur ses participations financières.

"L'exposition à la dette souveraine grecque est maintenant dépréciée à hauteur de 73% de sa valeur nominale", indique l'assureur.

Devenu en 2011 un sujet d'inquiétudes pour les régulateurs,

Groupama a pris au cours de l'année plusieurs initiatives pour renforcer sa solvabilité.

Le groupe a ainsi annoncé l'an dernier la fusion de sa filiale Silic avec Icade, la société foncière de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), et la souscription par cette dernière de 300 millions d'euros d'actions de préférence de sa filiale Gan Eurocourtage.

Cette filiale est par ailleurs en cours de cession.

Groupama a indiqué qu'il respectait grâce à ces opérations financières sa marge de solvabilité au 31 décembre 2011, avec un ratio de 107%.

Les capitaux propres combinés de Groupama ont néanmoins fortement baissé avec la crise puisqu'ils s'élèvent à 5,3 milliards d'euros au 31 décembre 2011 contre 7 milliards une année plus tôt.

L'orage financier a également eu pour conséquence la révocation de Jean Azéma, remplacé par Thierry Martel qui a définitivement abandonné toute velléité d'introduction en Bourse pour le groupe.

Après une politique d'expansion en Europe, l'assureur a aussi sonné une retraite stratégique et pourrait, par exemple, selon le journal Les Echos, vendre sa filiale polonaise Proama et céder des activités en Turquie.

Malgré ses revers financiers, la direction de Groupama s'est félicitée de la bonne tenue de ses activités sur le plan opérationnel.

"Nos succès commerciaux se caractérisent par des gains de parts de marchés, une collecte nette positive de Groupama Gan Vie", a commenté le directeur général délégué Christian Collin.

Ce dernier a également mis en avant le ratio combiné qui ressort à 97,4%.

Avec Matthieu Protard, édité par Cyril Altmeyer

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